RMC Sport

La Rochelle: "C’est maintenant qu’on doit gagner des titres", estime O'Gara

L’entraineur en chef du Stade Rochelais Ronan O'Gara, qui a été nommé manager jusqu’en 2024 suite à l’annonce du départ de Jono Gibbes pour Clermont, se confie à RMC Sport avant la demi-finale de Champions Cup face au Leinster (dimanche, 16h) avec ambition, et l’envie de ne se fixer aucune limite.

Ronan, comment préparez-vous cette demi-finale contre le Leinster?

On est en forme. On est plein d’enthousiasme pour ce match. C’est une rencontre qui amène beaucoup de prestige à ce club mais j’espère que ce n’est que le début. Pour moi ce n’est pas intéressant de jouer une demi-finale. Il y a 80 minutes pour avoir la possibilité de battre une équipe comme le Leinster et derrière 80 minutes pour une finale. C’est maintenant que le vrai travail commence et quand je dis ça, je le dis avec beaucoup d’excitation. C’est une grande opportunité pour le club et les joueurs. Je dis souvent qu’on ne travaille pas, nous sommes dans le rugby et ce n’est que du plaisir. J’ai créé un environnement ici qui laisse aux joueurs la possibilité de s’exprimer et c’est important pour moi. Si les joueurs sont en souffrance, c’est que j’ai raté mon boulot.

On a la sensation que les ambitions et le discours ont changé à La Rochelle cette saison. Désormais vous visez des titres... 

La seule différence entre les joueurs et moi, c’est que je suis plus vieux, plus expérimenté. J’ai vu plus de choses qu’eux et je peux vous dire que ce qui est horrible pour un joueur, c’est d’avoir des regrets sur son canapé. C’est trop tard quand on est sur le canapé. On a besoin d’avoir des plans et tout donner pour les appliquer. Si tu perds, tu peux dormir derrière mais si tu te rates dans la préparation, si tu n’as pas donné le maximum, tu vas avoir des regrets et on sait que la vie c’est un combat avec toi-même. Pour moi il est impossible de dire où se trouve notre limite. Est-ce que dans 5 ans on parlera de La Rochelle comme un club qui a déjà gagné 3 titres ou qui en a seulement la capacité? Je ne sais pas. Mais il faut arrêter de se mettre des limites. On est capable de vraiment faire des choses énormes.

A quel type de match vous attendez-vous ce dimanche?

Je ne connais pas très bien le Leinster. J’ai joué en Irlande en 2013, ça fait 8 ans. Ils ont bien évolué. Je n’ai pas d’ami là-bas. Ils ont de bons mecs. Depuis 2010 c’est peut-être le club le plus performant en Europe. Ils ont l’habitude de gagner la Champions Cup, ils ont l’histoire avec eux mais on sait que la meilleure équipe gagnera. J’ai de bons joueurs qui ont faim et qui veulent faire quelque chose et ça, c’est tout aussi puissant.

Qu’est ce qui fait que La Rochelle (2e du Top 14) est si performante cette saison?

L’état d’esprit. La stratégie c’est une chose mais l’état d’esprit, il est créé par les joueurs. Ils veulent faire quelque chose ensemble. Peu importe qui joue, c’est important de voir que les mecs qui portent le maillot sont bons et c’est à moi de créer de bonnes conditions de compétition entre eux. En France on a beaucoup de matchs, il faut un grand effectif et tout le monde va avoir des opportunités. Cette saison les mecs qui ont joué ont été très performants et c’est bien quand le club marche comme ça.

Vu la dynamique actuelle, est-ce que vous vous dites que c’est la bonne année pour le Stade Rochelais?

Non, je ne pense pas. On est seulement en train d’effleurer le sujet. Il y a beaucoup de talent à La Rochelle, énormément de choses sont possibles ici mais c’est à moi de montrer le chemin. Je prends ce rôle très à cœur avec beaucoup de passion. On a des joueurs de classe mondiale, c’est normal qu’ils jouent bien. Il n’y a pas de secret, regardez l’effectif devant et derrière. Mais on ne parle jamais de victoire. Ce qui m’intéresse c’est d’avoir des groupes performants. Les joueurs sont ambitieux et c’est maintenant qu’on doit gagner des titres.

Vous avez été promu manager jusqu’en 2024 suite à l’annonce du départ de Jono Gibbes pour Clermont en fin de saison, c’est un nouveau palier de franchi dans votre carrière d’entraineur...

Je ne cherchais pas à avoir plus de responsabilités. Si tu demandes à tout le monde ici, je donne le maximum pour mon équipe. Depuis que je suis ici, je travaille le plus possible. Jono (Gibbes) m’a laissé faire les choses comme je voulais, il a toujours été derrière moi et c’est très bien. Je progresse chaque jour et je suis assez confiant avec ce que j’ai appris dans le passé. Je prends du plaisir avec les joueurs. A la fin de la journée, ma mission c’est de bien préparer l’équipe, c’était déjà le cas avant, rien ne va changer.

Propos recueillis par Nicolas Paolorsi