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Toulouse : comment Picamoles est redevenu un colosse après sa maladie

Louis Picamoles (Toulouse)

Louis Picamoles (Toulouse) - AFP

De retour depuis le 25 octobre, après avoir été victime d’une pneumopathie alvéolaire l’été dernier, Louis Picamoles est redevenu le fer de lance du Stade Toulousain. Il s’est confié à RMC Sport avant le match de Champions Cup à Glasgow ce samedi.

Le Stade Toulousain se déplace à Glasgow ce samedi (14h), en Champions Cup, avec l’ambition de dégager une grande partie de la route vers les quarts de finale. Une victoire assurerait ainsi de bonnes chances de qualification, avec au moins six points d’avance au classement. Un homme est redevenu le fer de lance de cette équipe : Louis Picamoles (28 ans). Le 3e ligne centre international (44 sélections) est à nouveau en pleine possession de ses moyens, après un début de saison marqué par la maladie. Au retour de la tournée de juin en Australie, il avait contracté une pneumopathie alvéolaire. Difficultés respiratoires, fatigue permanente, perte de poids (plus de six kilos)… Le colosse de Toulouse était KO. Il raconte comment il est redevenu lui-même à RMC Sport.

Les moments difficiles qu’il a vécus

« Il y a eu une période où je ne pouvais même plus jouer avec mes enfants. Le moindre effort, même tenir une conversation, devenait difficile. Il fallait que je m’arrête de parler pour reprendre ma respiration, récupérer. Pendant quinze jours, trois semaines, ça a été un petit peu difficile. Il y avait un peu d’inquiétude. On n’arrivait pas trop à mettre un nom sur tout ça. Ça se dégradait assez rapidement. On a fait les examens nécessaires. Une fois qu’on a réussi à savoir ce que c’était et à mettre un traitement adéquat, il fallait juste se concentrer sur la guérison. Et se reposer pour que ça accélère le processus. »

Son retour sur les terrains

« Avec le staff, on avait pris la décision de ne pas précipiter les choses, de me laisser le temps de bien me préparer. Il y a une bonne dose de travail physique pour que je puisse tenir la cadence par la suite. Aujourd’hui, ça a été fait et je me sens bien. Je continue à bosser pour progresser, développer certains secteurs. Avec l’enchainement des matchs, ça revient petit à petit. »

La saison irrégulière du Stade Toulousain

« L’image qu’on dégage cette saison, c’est qu’on est capable de faire de très bonnes choses, mais aussi de moins belles. On n’est pas encore assez régulier, comme peuvent l’être les équipes qui sont devant dans ce Top 14. Donc ça rend les choses plus compliquées. Mais on continue à bosser et on fera les comptes à la fin de la saison. »

Le plaisir d’évoluer à Toulouse

« Il y a toujours eu une très bonne ambiance, un bon état d’esprit, dans l’équipe. Je crois qu’on a toujours un groupe de très haut niveau. Il ne faut pas s’alarmer. On a vécu trois années exceptionnelles, avec trois titres. C’est de plus en plus rare d’arriver à gagner des titres chaque année. Mais en tout cas, il y a énormément de plaisir à évoluer au sein de cet effectif. Ça n’a pas changé, malgré le fait qu’on ne gagne pas de titre depuis deux saisons. Ça ne fait pas non plus une décennie. Il faut relativiser un petit peu les choses. »

Sa place parmi les 30 joueurs protégés de l’équipe de France

« Je ne la vois pas du tout comme une place confortable, loin de là. On l’a vu pendant la dernière tournée, personne n’est garanti de faire partie du groupe, qu’on soit dans les 30 protégés ou pas. C’est en fonction des performances sur le terrain. Ça respecte une certaine logique. Il faut travailler, être le plus performant possible chaque week-end. Mais je ne vais pas être trop concerné par la règle sur le groupe des 30, parce que j’ai loupé des matchs et ça ne va pas changer ma fin de saison. »

Son objectif : la Coupe du monde 2015

« Ça donne envie. Je reste sur la Coupe du monde 2011, un peu frustrante au niveau sportif (seulement trois matchs dont deux en tant que titulaire, remplacé à la mi-temps face à la Nouvelle-Zélande en poule et absent du groupe pour la demie et la finale, ndlr). Mais j’ai d’excellents souvenirs sur le plan humain. En faisant ce qu’il faut de mon côté, j’aimerais vivre une Coupe du monde en étant un peu plus épanoui sur le plan sportif. Je vais travailler pour ça et tout faire pour essayer de montrer que je peux participer à cette aventure. Je sais que ça va passer par du travail, de belles performances avec le Stade Toulousain. Il n’y a que comme ça que je pourrai prétendre à plus. » 

la rédaction avec Wilfried Templier