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Goze: "Je ne cherche pas les conflits"

Paul Goze

Paul Goze - AFP

Paul Goze et la LNR ont formulé des propositions, mardi, notamment sur la mise à disposition des internationaux. Le président de la Ligue entend renouer le dialogue avec Bernard Laporte et la Fédération. Explications pour RMC Sport.

La LNR fait un pas en avant

"C’est un pas en avant parce que les clubs ont réagi favorablement après le premier pas qui avait été fait dans la convention du mois de juillet. Les clubs dans leur grande majorité ont été d’accord pour franchir ce pas et se rapprocher d’une préparation qui nous mettrait à ce moment-là d’être à équivalence avec les grandes nations européennes en particulier les Anglais. En définitive, il faut que nous nous comparions aux Anglais puisque c’est le seul pays qui a le même régime de club que nous. Il suffit de comparer nos deux pays, au niveau de la taille des pays, de l’économie, ce sont des pays semblables l’Angleterre et la France. Ce sont aussi les deux seuls pays où le système est basé sur celui des clubs. Au vu la réussite des Anglais, pourquoi ne pas s’inspirer de leur modèle et tendre vers eux? Tout ça va dans le bon sens, c’est un pas ouvert vers la négociation que nous devons entamer dans les prochaines semaines."

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Pas de réponse à Mourad Boudjellal

"Je ne répondrais pas aux attaques de Mourad Boudjellal. Je l’ai déjà dit, cela fait des années que ça dure, ce n’est pas nouveau. J’ai répondu une seule fois il y a dix jours par rapport au fait que c’était des attaques personnelles en dehors du rugby mais lorsque ce sont des attaques sur le problème rugby je n’y répondrai pas. Voilà ce que j’ai à dire…"

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Ses rapports avec Bernard Laporte

"Je le connaissais mais pas plus que ça, simplement comme des gens qui ont joué mais pas dans la même génération. Je n’ai pas de problème avec l’homme et je pense qu’il n’en a pas non plus avec moi puisqu’on n'a pas eu de litige. Les problèmes qui nous opposent sont des problèmes de positionnement dans le rugby. Je pense que les propositions que j’ai faites sont de nature à nous rapprocher, et donc à se mettre autour d’une table et à discuter. Il n’y a pas de raison que ça ne se fasse pas. Mon rôle en tant que président de la Ligue est de faire le consensus parmi les clubs, d’essayer d’apaiser et de ne pas jouer le pompier pyromane ou le pyromane pompier. Ce n’est pas facile mais c’est mon souhait et mon but. Avec Bernard Laporte, on devrait pouvoir se rencontrer très rapidement. Nous sommes prêts à débattre dans les prochaines semaines à débattre avec la fédération. Si on veut se mettre d’accord, il faut impérativement se mettre autour d’une table. Les communiqués qui partent, dans un sens ou dans l’autre, n’amènent rien, si ce n’est des blocages ou des postures. Le but de ces propositions est d’instaurer le dialogue."

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Imperméable aux attaques

"Personnellement, je n’ai pas vécues difficilement ces attaques. Je le vis difficilement à travers le rugby parce que bien évidemment les remous dans le rugby ne font pas plaisir. C’est mon sport. Et mon sport, je veux qu’il soit le plus médiatisé, le plus équilibré. Je ne cherche pas les conflits avec la fédération. Je n’ai pas de litige avec la fédération. Ce que je veux c’est que le rugby ait une image absolument positive, que les jeunes aient envie d’y jouer, que les gens viennent voir les matchs et regardent la télé. C’est mon ambition. Mais j’ai le cuir épais. J’ai vécu dans ma vie beaucoup de problèmes bien plus importants, cette mousse médiatique ne m’atteint pas vraiment. Mon rôle n’est pas d’envenimer le débat et de mettre le feu aux poudres. J’ai été extrêmement modéré dans mes prises de parole. Je n’ai pas cherché l’affrontement. Je suis très calme contrairement à ce que l’on peut penser. Je suis assez maitre de mes nerfs."

Pourquoi pas de contrats fédéraux?

"Les contrats fédéraux complexifient la solution puisque les joueurs sont salariés des clubs, ils sont mis à disposition. Pourquoi aller complexifier les situations juridiques qui n’amènent rien au niveau sportif? La mise à disposition des joueurs, c’est un problème sportif et rien d’autre. C’est un temps de préparation de joueurs pour l’équipe de France afin qu’ils soient le plus compétitif lorsque nous avons des rencontres internationales. Le problème juridique ne change rien au niveau de la préparation sportive."

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Optimiste pour l’avenir du rugby français

"Ces petits soubresauts montrent déjà que le rugby est vivant. S’il ne se passait jamais rien, ça serait très mauvais signe. Alors là bien sûr, il y a peut-être un petit peu un problème de crise de croissance parce que c’est allé très vite depuis 6-7 ans. Les clubs ont eu des budgets qui ont été en augmentation. La Ligue aussi a un budget qui a doublé en quatre ans mais je suis très optimiste par rapport au rugby français qui est de très loin le deuxième sport français, et même parfois le plus apprécié dans certaines enquêtes d’opinion. Avec les mesures déjà dans la convention et celles que nous allons mettre en place dans les prochaines négociations, cela permettra d’avoir une équipe de France encore plus compétitive. J’espère même qu’elle reviendra une des nations favorites pour la Coupe du monde 2019 mais aussi que la Coupe du monde 2023 nous soit attribuée. Tout ça me rend très optimiste pour l’avenir du rugby français."

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Quid des matchs reportés Racing-Montpellier et Castres-Stade Français?

"La Fédération a réformé notre décision de report après que le report ait eu lieu. Cela crée une situation inextricable. Elle n’a pas décidé de vainqueur ou de vaincu, mais elle a réformé notre décision. Cela crée une situation juridique assez inextricable et complexe. Pour sortir de cet imbroglio, je pense qu’il faut revenir au sport puisque nous l’essence même du rugby est de jouer au rugby... Il vaut mieux que le problème se règle sur le terrain et que les matchs soient rejoués. Bien évidemment, les clubs pour lesquels nous avons reporté les matchs, aussi bien Castres que Montpellier, seront indemnisés et ils rejoueront le match. C’est le seul moyen de régler le problème."

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JFP