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Le témoignage poignant d’une maman d’un jeune joueur de rugby: "Arrêtons ce massacre!"

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Au lendemain du décès d’un jeune joueur d’Aurillac après plusieurs malaises durant un match amical, l’inquiétude grandit. Dans les Grandes Gueules du Sport ce samedi sur RMC, une maman d’un jeune joueur de 17 ans a fait part de sa colère et appelle la Fédération à agir.

L’émotion est toujours vive au lendemain du décès de Louis Fajfrowski, jeune joueur d’Aurillac (Pro D2), victime de plusieurs malaises cardiaques lors d’un match amical contre Rodez. Tandis qu’une autopsie doit déterminer lundi les circonstances réelles de la mort du trois-quarts centre, l’inquiétude grandit chez les proches de joueurs.

"La Fédération est responsable"

Dans les Grandes Gueules du Sport ce samedi sur RMC, c’est une maman d’un jeune joueur de 17 ans qui a livré un témoignage poignant. "Je suis une maman en colère. Je viens d’une famille de rugbymen avec un père rugbyman, mes trois frères aussi. Mon fils l’est depuis cinq-six ans, raconte Isabelle sur RMC. Ce n’est pas la première fois. On a assisté il y a peu de temps à la mort d’un jeune de 17 ans dans la région de Clermont. Mon fils était aux obsèques. Monsieur Laporte était présent. Et je pense que sa Fédération est responsable."

Le mal semble profond et s’ancre dès le plus jeune âge. "Je pense qu’il y a un travail à faire dans les écoles de rugby. On assiste de plus en plus à de la violence déjà dès le plus jeune âge, insiste cette maman sur RMC. Je ne vais plus aux matches de rugby de mon fils parce qu’il y a beaucoup de violence. Cela commence par des coaches – je ne les incrimine pas, ils font ce qu’ils peuvent – des parents au bord du terrain qui excitent les enfants… Il y a de plus en plus de bagarres et de chocs. Je ne vais plus voir mon fils et honnêtement, la bonne nouvelle serait qu’il m’annonce qu’il arrête. J’aime le rugby mais la Fédération ne fait rien." 

Magne: "Il faut faire preuve de courage"

Ancien international, Olivier Magne allait d’ailleurs dans le même sens. "On va vers plus de vitesse, d’intensité, de violence, estimait-il sur RMC. Il y a des contacts de plus en plus durs et ils pourraient être évités. Il va falloir rapidement apporter des réponses. Peut-être par la formation, il faut aller vers un rugby plus d’évitement avec des plaquages moins violents. […] Il faut faire preuve de courage. Il faut prendre des décisions strictes quant aux règles pour la sécurité des joueurs. Il faut trouver une solution pour enrayer cette violence, cette brutalité, parce que c’est de plus en plus présent dans le rugby."

"C’est simple de mettre des choses en marche, dès le départ, dès les écoles de rugby. Je suis scandalisée d’entendre que le rugby est un sport de combat. Non, c’est un sport d’évitement!, poursuit la maman d’un jeune joueur sur RMC. Ça va continuer et j’ai l’impression que personne ne bouge, ni à la Fédération, ni à la Ligue. Les pro, c’est une chose, mais nos enfants ! En moins de 17 ans, on voit des bagarres ! J’ai envie que mon fils s’éclate au rugby, mais arrêtons ce massacre !" Le cri du cœur.