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France-Nouvelle-Zélande: il faut "marquer notre territoire" selon Atcher, avant la Coupe du monde

Le XV de France affrontera les All Blacks ce samedi (21h), au Stade de France, pour la fin de la tournée d’automne. Une affiche qui ressemble à une répétition générale pour Claude Atcher, le directeur général de l’organisation de la Coupe du monde. Le 8 septembre 2023, dans ce même stade, les Bleus et les Néo-Zélandais s’affronteront dans le match d’ouverture de la compétition.

Claude Atcher, France-Nouvelle-Zélande samedi, c’est une occasion rêvée de lancer la Coupe du monde 2023 avec ce match qui ressemble à une répétition générale ?

C’est une formidable opportunité pour nous. Ça nous permet dès maintenant de déclarer comme étant lancée la compétition sportive. Car ce match, dans deux ans, sera celui qui lancera la compétition avec une affiche inespérée et incroyable. Et le fait que le hasard du calendrier mette en opposition dès ce 20 novembre la France et la Nouvelle-Zélande, donne au comité d’organisation un petit focus sur ce que sera ce premier match. Sur un plan sportif, c’est un intérêt incroyable. J’ai rencontré le président de la fédération néo-zélandaise il y a trois semaines, il était là pour un comité exécutif de World Rugby. Je lui ai demandé comment ils allaient appréhender ce match, s’ils allaient emmener la grosse équipe, si c’était un match référence ou un match de préparation sans la grosse équipe. Il m’a répondu : "On vient pour vous péter la gueule". Au moins, les choses sont dites, c’est carré. Je l’ai dit à Fabien (Galthié), mais les joueurs le savent. C’est un match important parce qu’il va permettre de marquer son territoire. Ce n’est pas pour ça que ça aura une incidence directe sur le match du 8 septembre 2023, mais c’est quand même un match qui tient en lui beaucoup de symbolique, de pression, et d’avantage pour celui qui prendra le dessus sur l’autre équipe. C’est un moment important pour nous.

Qu’est-ce que France 2023 a prévu en marge de ce match ?

On a quelques évènements de prévu. On a réalisé une série de quatre épisodes sur la vie de Jonah Lomu, qui a été le joueur mythique et qui a marqué les confrontations entre la France et la Nouvelle-Zélande. On a également pas mal d’opérations avec nos partenaires, parce qu’on dévoile cette semaine deux autres partenariats importants et très impactants en matière de promotion de la Coupe du monde de rugby. Jean Castex, le Premier ministre, sera présent au stade pour la signature notamment de deux conventions avec le ministère de l’Intérieur. C’est un moment fort qui marque pour nous l’importance de ce que sera ce premier match du Mondial le 8 septembre 2023.

Le trophée de la Coupe du monde sera sur la pelouse ?

Oui, il sera sur la pelouse avant le match à la sortie des joueurs. C’est une pression supplémentaire pour les joueurs de passer devant le trophée. Chaque équipe va passer d’un côté du trophée, va pouvoir le regarder et s’imaginer que peut-être, l’une ou l’autre des équipes va le soulever le 28 octobre 2023.

Le match d’ouverture est-il déjà très attendu ?

Il y a deux chiffres que je peux citer. On a dû recevoir environ 400.000 demandes d’achat de billets… Pour un stade de 80.000 places. C’est un signe de l’attente du public pour être là ce jour-là, pour ne pas louper ce moment, être là au stade. Et avec la chaine qui a acheté les droits de diffusion de la Coupe du monde, son objectif, c’est de pouvoir battre le record du nombre de téléspectateurs sur un évènement sportif dans toute l’histoire de la télévision. Plus que le football. Ils veulent battre le record de 1998. Cela démontre l’attente autour de ce match.

"Avec l’équipe des All Blacks, on ne peut pas s’attendre à une partie de poètes"

Ce n’est pas forcément un cadeau de jouer la Nouvelle-Zélande en ouverture…

Ce n’est pas forcément un cadeau, effectivement… En même temps, on a un président de la Fédération qui a l’habitude de dire que pour être champion du monde, il faut battre tout le monde. Ce n’est pas un cadeau mais en même temps, c’est peut-être un bon moment pour les prendre parce qu’en les jouant sur le premier match, on est sûr de ne pas pouvoir les rejouer avant une éventuelle finale. On ne pourrait les retrouver qu’en finale.

Comment a réagi Fabien Galthié quand vous lui avez rapporté les propos du président de la fédération néo-zélandaise ?

Fabien, il n’est pas étonné. Avec l’équipe des All Blacks, on ne peut pas s’attendre à une partie de poètes. Ce sont des joueurs qui, lorsqu’ils rentrent sur un terrain, s’engagent à 150%. Ils ont une telle fierté de ce maillot, de cette fougère, de cette couleur, qu’il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils viennent en dilettante. Fabien était déjà averti et les joueurs aussi. J’ai la faiblesse de penser que le match relativement moyen de dimanche contre la Géorgie, c’était aussi impactant de se dire que la semaine suivante ils jouaient les néo-zélandais. Ça va paraitre paradoxal, mais je suis plutôt satisfait qu’ils n’aient pas fait un très grand match dimanche ! Je préfère qu’ils sortent de ce match avec une envie de prouver encore plus.

Julien Richard