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Laurent Travers: "La drogue est partout! Il ne faut pas fermer les yeux et se cacher"

Le co-entraîneur du Racing 92 Laurent Travers est revenu sur les nombreux déboires extra-sportifs de ses joueurs, cette saison. Il s'est notamment exprimé en longueur sur les affaires Ali Williams et Dan Carter.

Dans quel état se trouve le Racing, après ce qui est arrivé à Ali Williams ce week end ? 

Bien sûr que ça pèse sur le groupe. Dire autre chose ça serait mentir. Donc ce qui est important ce qu’on voit qu’on est toujours debout. On est toujours présent. Ce qui nous importe surtout maintenant, ce sont les futures échéances, les huit derniers matchs. Nous sommes avant tout un club sportif, un champion de France en titre et vice-champion d’Europe, avec des partenaires, des salariés, des bénévoles, tout un club. 

Vous avez eu des nouvelles d’Ali Williams ? Comment va-t-il ?

Ça ne regarde que nous. Bien sûr il a été reçu par le président et les décisions ont été prises. Il est tout à fait logique que quand on fait quelque chose d’inexcusable, il y ait sanction. Donc il y a eu sanction et point barre. Pas besoin de polémiquer dessus. Il arrive que les gens fassent des erreurs. Mais ce n’est pas parce qu’il a fait une erreur qu’il faut de suite jeter les gens en pâture. Nous sommes des êtres humains, il arrive qu’on fasse des erreurs. Il y a des erreurs qui sont excusables d’autres qu’ils ne le sont pas. Là l’erreur est inexcusable, donc il y a sanction derrière.

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Vous pensez qu’il faut faire plus de prévention auprès des joueurs ? 

Bien sûr qu’on peut tout prévenir. Prévenir c’est guérir, mais je peux vous dire que les préventions ont lieu. Tout le monde le sait très bien, les gens qui ont de l’expérience encore plus. Ne vous inquiétez des réunions, il y en a. Des préventions il y en a. Et il en aura encore plus.

Vous avez eu beaucoup d’affaires extra-sportives cette saison. Comment on gère en tant que coach ? Est-ce qu’on commence à en avoir un peu marre ?

Bien sûr, ce n’est pas toujours facile. Mais après quand on reprend les affaires une par une, ce sont des affaires essentiellement liées à la vie privée. Ce qui nous importe et ce qui est important, c’est la vie de notre équipe, la vie de notre club et de l’ensemble du club. On est tous debout, et on a tous envie de rester debout et de faire ce qu’il faut.

Est-ce que ça ternit l’image du club selon vous ?

Bien sûr. Mais les gens ne sont pas dupes. On a des partenaires et des supporters fidèles. Tout tombe au même moment, j’espère qu’on va pouvoir passer à l’essentiel. Ce qui est sûr, c’est que l’image du club est plus que positive. On parle souvent du train qui est en retard, mais pas de tout ceux qui sont à l’heure. Et je peux vous dire qu’il y a beaucoup de choses qui sont à l’heure au niveau du club.

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Est-ce que l’extra sportif a influé sur plusieurs résultats ? Ou à l’inverse, certaines contre-performances ont pu faire que les joueurs ont tendance à se laisser aller ?

Quand on analyse les faits, ils sont complètement différents les uns des autres. Je suppose que, vous comme nous, quand on est en vacances, des fois on s’amuse. Souvent lorsqu’on a un accident de véhicule on se dit si je n’avais pas fait ci, si je n’avais pas ça. Alors après je pense que c’est un gros accident pour le dernier, voir inacceptable. A un moment vous ne pouvez pas tout régler et tout contrôler.

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Pouvez-vous, vous servir de ce phénomène pour resserrer le groupe ?

On n'espère qu’une chose, c’est qu’on n’a pas besoin de ça pour se resserrer. Il y a huit échéances. Sur les huit il faudra gagner cinq ou six matchs. Ce qui est important, c’est de faire ce qu’il faut pour être dans les six. L'important c’est de rester concentré sur les échéances sportives. Le reste c’est de l’extra-sportif. Aux gens concernés de le régler.

C’était la teneur des discours cette semaine ? Ne parler que du sportif ?

On le sait, vous le savez, que dans d'autres disciplines, d'autres sports voire dans d'autres équipes du Top 14, il s'est passé des choses, et rien n'a été écrit. Les faits sont là, et vous (les journalistes) êtes très bien placé pour le savoir. Il s’est passé la même chose dans d’autres clubs et ça n’a pas été écrit.

Y a-t-il un vrai problème de drogue dans le milieu du rugby, en dehors du terrain ?

Non, déjà dire « dans le rugby » je trouve que c’est un grand mot. La drogue est partout ! Il ne faut pas fermer les yeux et se cacher. Elle est dans la rue, dans le monde du travail... partout ! Alors pourquoi ne la retrouverait-on pas aussi dans le sport ? Donc à nous de faire ce qu’il faut pour qu’elle soit présente le moins possible.

De l’extérieur on dit que Dan Carter, c’était le meilleur jour du monde et qu’Ali Williams était l’ambassadeur du club. C’est sûr que ce n’est pas la meilleure publicité pour le Racing...

Ce qui il y a de sûr, c’est que Dan (Carter) est toujours le meilleur joueur du monde. Mais je voudrais savoir parmi vous, si il y a des gens qui ont jamais bu trois verres ou quatre verres de vin et qui on prit leur voiture. Bien sûr que ce n’est pas bien. Mais c’est aussi la vie privée. Ce que je peux vous dire c’est que c’est le meilleur joueur du monde. J’en suis persuadé et ça l’est toujours. 

Ali Williams est-il toujours le meilleur ambassadeur du club ?

Meilleur ambassadeur ? C’est au président d’en parler. Ce qui est sûr, c’est qu’il était ambassadeur et ce qu’il a fait n’est pas excusable. Donc il n’est plus ambassadeur du club.

Est-ce que Dan Carter est affecté ?

Je ne parlerais pas pour Dan.

Postule-t-il pour le déplacement à Grenoble ?

Normalement non. On prendra une décision vendredi, mais aujourd’hui il est en ballottage défavorable.

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Propos recueillis par JFP