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Manager, consultant, candidat : la saison (très) chargée de Laporte

Bernard Laporte, le manager de Toulon

Bernard Laporte, le manager de Toulon - AFP

Campagne pour la présidence de la Fédération et rôle de consultant télé pour le Mondial obligent, Bernard Laporte ne pourra pas gérer Toulon au jour le jour cette saison. Pour sa dernière année sur la Rade, le manager du RCT (qui entame sa saison ce vendredi à 20h45 contre le Racing 92) va devoir jongler entre ses multiples activités sans oublier l’ambition de gagner des titres. Avant de transmettre le bébé à Diego Dominguez.

Manager d’un club qui figure parmi les favoris du Top 14, consultant pour TF1 et RMC pendant la Coupe du monde, « homme politique » en campagne pour la présidence de la Fédération française. Beaucoup aimeraient pouvoir afficher une de ces trois lignes sur leur carte de visite actuelle. Bernard Laporte s’embarrasse moins. Il fait les trois. Toujours à la tête de Toulon, qu’il a mené à quatre titres et sept finales sur huit possibles en quatre saisons, l’ancien sélectionneur du XV de France va passer la main à Diego Dominguez en fin de saison. A partir de décembre-janvier, les deux travailleront même en commun sur la Rade pour assurer une transition en douceur et réussie.

Mais en attendant, « Bernie » va devoir jongler. Se multiplier. Multitâche. Dès le 1er septembre, il lancera à Gaillac – forcément – sa campagne pour devenir président de la Fédération française fin 2016. Même pour un ancien secrétaire d’Etat aux Sports, convaincre prend du temps et de l’énergie. Avec un corollaire : Laporte ne sera pas toujours à Toulon pour encadrer ses gros bras. « Ce sera compliqué. Je n’ai pas choisi la meilleure situation, j’ai choisi la moins mauvaise, expliquait ce mardi Mourad Boudjellal, le président du RCT, dans l’Intégrale Sport sur RMC. Bernard va arriver le jeudi matin. Il va gérer l’entrainement du jeudi, l’entrainement du capitaine le vendredi et le match. Les entrainements du lundi et mardi, il les aura préparés et confiés à Jacques Delmas. On va voir comment ça se passe. A partir de décembre, il aura l’aide de Diego Dominguez. Après, je sais que si ça ne va pas bien, il va tout oublier et il sera là tous les jours. »

Boudjellal : « Pas une question de temps mais de qualité »

Le vrai problème pourrait se situer en octobre. A l’heure d’une Coupe du monde pour laquelle il officiera comme consultant. La Ligue n’ayant placé aucune journée entre le 12 septembre (4e) et le 17 octobre (5e), aucun doublon match de Toulon-match de l’équipe de France n’aura lieu pendant la phase de poules du Mondial. Mais dès les quarts de finale, la chose est possible. Un motif d’inquiétude alors que le groupe va entamer sa saison avec 18 absents, retenus par la compétition planétaire ? L’intéressé a tenu à rassurer dans la presse en expliquant qu’il essayerait de « s’organiser » en cas de match décalé pour le RCT.

« Pour les joueurs, ce n’est pas une question de temps mais de qualité, explique Boudjellal. La plupart de nos joueurs ont un énorme palmarès. Je ne pense pas qu’ils aient besoin d’avoir Bernard Laporte tous les jours pour les faire travailler à l’entrainement. Ils sont suffisamment pros. La valeur ajoutée de Bernard, elle est sur l’énergie, sur l’envie qu’il donne. » Pour sa der’ dans le Var, elle devrait être énorme. Pas rassasiés, Laporte et ses joueurs ont encore faim de titres. « Il faudrait que Bernard parte en gagnant », lâchait récemment Jocelino Suta, nommé capitaine en l’absence des mondialistes. Comme d’habitude à Toulon, il aura l’effectif pour.