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Montpellier: "Gagner le championnat des mal classés", espère Mohed Altrad

Mohed Altrad

Mohed Altrad - Icon Sport

Exclu RMC SPORT - Battu une nouvelle fois de peu à domicile contre Lyon (16-21) samedi, Montpellier a encaissé son onzième revers en 14 matchs. Le MHR, treizième du Top 14, se bat plus que jamais pour le maintien. Le président Mohed Altrad, conscient que son club doit désormais lutter pour se maintenir, veut positiver et croire en des jours meilleurs.

Mohed Altrad, dans quel état d’esprit êtes-vous au lendemain de cette nouvelle défaite du MHR face au LOU?

Si vous voulez savoir si je vais lâcher le club, c’est non. On a des problèmes mais les joueurs et le staff travaillent dur. C’est une malédiction. Sur les cinq ou six derniers matchs, on a perdu de quelques points. Cela a encore été le cas samedi. On n’est pas très loin mais ça ne nous sourit pas. Vous allez me dire que nous sommes avant-derniers, je vous l’accorde. Nous sommes plein d’humilité. On affronte une situation difficile.

Qu’avez-vous dit au groupe après le match?

Je suis allé voir les joueurs pour dire que j’avais vu de belles choses. Comme je vous le disais, on a vraiment perdu de peu nos derniers matchs. C’était un peu à pile ou face et la pièce est tombée du mauvais côté. Je leur ai dit: 'allez chercher des ressources au fond de vous-mêmes. Je vous soutiens. J’ai vu de belles choses avec des aspects positifs.' On sait que personne ne va vous aider pour nous relever, même les arbitres. Dans la vie, lorsque vous êtes faibles comme nous aujourd’hui puisque nous n’arrivons pas à gagner, on ne va pas vous aider, mais on va aider le fort. Je suis attaché au club, les joueurs aussi.

Comment comptez-vous vous en sortir?

Il n’y a pas de miracle dans la vie: il faut travailler. Et c’est ce que nous faisons. On a stabilisé nos fondamentaux, la touche et la mêlée. Quand Garbajosa était là, ce n’était pas ça. On arrive à faire des mauls désormais. On avait perdu des certitudes et là il s’agit de les retrouver tranquillement.

Etes-vous inquiet quant à l’avenir du club?

Nous avons joué notre quatorzième match de la saison hier mais il en reste encore beaucoup. On est réaliste bien sûr. Notre place n’est pas dans les six, c’est définitif. On va lutter pour quitter cette treizième place, nous ne sommes qu’à un point de Bayonne. C’est un championnat des mal classés et on doit le gagner pour éviter cette treizième place. On lutte pour le maintien, point à la ligne.

Le remplacement de Xavier Garbajosa par Philippe Saint-André était-il vraiment nécessaire?

Je ne veux pas m’étendre sur le sujet, mais oui il fallait le faire. Je ne regrette pas cette décision.

Travaillez-vous activement sur l’arrivée d’un nouveau coach pour la saison prochaine?

Philippe (Saint-André) a été clair, il n’est pas venu à Montpellier pour être 'head coach' mais pour être directeur du rugby. Je ne suis au club que les jours du match. Vous connaissez le contexte professionnel et vous savez que je suis très occupé. Je ne suis pas Laurent Marti (président de l’UBB) qui est là tout le temps, ou Didier Lacroix (président de Toulouse) ou les autres qui ne font que ça. C’est peut-être aussi une partie du problème. L’idée est que Philippe remplisse aussi une partie de ce rôle. Il n’était au départ pas prévu qu’il devienne entraineur en chef mais la situation a changé les choses. Philippe a accepté le job à condition d’arrêter en fin de saison.

De nombreux noms circulent dont celui de Michael Cheika…

(Rire) Je reçois des appels de partout dans le monde de la part de gens de très haut niveau. Cheika en est un. Jake White en est un autre, tout comme Rassie (Erasmus) et Stuart Lancaster. Le job intéresse beaucoup de gens. Ils nous ont contactés directement ou indirectement, mais il y en a d’autres. Pour le moment, on regarde et Philippe terminera la saison.

Ces derniers jours, Saint-André a pris des choix forts en écartant plusieurs cadres dont Louis Picamoles et Bismarck du Plessis. Qu’en pensez-vous?

On a analysé les forces en présence et on s’est dit que pour gagner, il fallait vraiment un commando. Certains reviennent de blessure, comme Picamoles. D’autres n’ont pas joué depuis longtemps ou ne sont pas en forme. Partons avec les gens les plus en forme. Mais la porte n’est pas fermée aux autres. Si Picamoles revient en forme, qu’il s’entraîne et qu’il est prêt à jouer, on a besoin de lui. C’est valable pour Bismarck du Plessis et d’autres. Dans les conditions actuelles, il faut peut-être travailler avec un groupe resserré mais hier Fulgence Ouedraogo et Benoît Paillaugue se sont blessés. On a besoin de tout le monde. On n’écarte personne mais les gens doivent faire les efforts. Les joueurs ne doivent pas être un problème mais une solution.

Pour la saison prochaine, avez-vous pris une décision quant à l’avenir de Louis Picamoles qui est en fin de contrat?

On connaît les joueurs et ils connaissent le club. Mais, mettez-vous à ma place, vous allez évidemment prolonger un joueur si c’est celui qu’il vous faut pour le club. Mais si vous avez des doutes, vous vous posez des questions. On dit à tous ces joueurs en fin de contrat, y compris Picamoles, qu’ils doivent nous montrer quelque chose. Si vous voulez changer de job, vous allez faire votre CV et mettre en valeur vos mérites. Pour ces joueurs, on connaît leur CV. A eux de démontrer qu’ils méritent qu’on prolonge leurs contrats.

Propos recueillis par Jean-François Paturaud