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Stade Toulousain : les raisons d’un échec

Florian Fritz, le trois quart centre du Stade Toulousain

Florian Fritz, le trois quart centre du Stade Toulousain - -

Samedi, pour la première fois de la saison, le Stade Toulousain a quitté un terrain du Top 14 sans marquer le moindre point au classement. Si la prestation du Stade Français y est bien évidemment pour quelque chose, ce n’est pas la seule explication. Revue de détail.

Les bagages étaient vides. Au moment de reprendre la direction de Toulouse, Guy Novès et ses joueurs ont voyagé léger pour la première fois de la saison. Après avoir pris le bonus défensif lors de leurs quatre précédentes défaites, ils ont fait zéro pointé au Stade de France samedi soir contre le Stade Français. Une lourde défaite (31-3) qu’explique d’abord par la bonne prestation parisienne. Mais les près de 80 000 spectateurs de Saint-Denis n’ont pas vu le vrai visage du Stade Toulousain.

Privé d’un demi de mêlée de métier avec les blessures de Fred Michalak et Byron Kelleher, ainsi que d’un ouvreur confirmé avec le forfait de dernière minute de David Skrela, Guy Novès a aligné une charnière avec une moyenne d’âge de 20 ans. Jean-Marc Doussain (19 ans), un numéro dix de formation, a évolué à la mêlée. Et Nicolas Bézy (21 ans), formé en neuf au Stade Français, était demi d’ouverture. Ils n’ont pas démérité, mais n’avaient pas l’expérience de Julien Dupuy et Lionel Beauxis.

« Un naufrage » en deuxième période

Guy Novès avait aussi décidé de laisser au repos Patricio Albacete, William Servat, Louis Picamoles, Maxime Médard, Thierry Dusautoir et Jean-Baptiste Poux, avec la présence sur le banc de ces trois derniers. « Caucau », lui, était malade. Un turnover logique après trois matchs en dix jours. Mais surtout motivé par la réception de Newport en H-Cup samedi prochain et le déplacement chez les Wasps le week-end suivant. Deux échéances importantes pour le champion d’Europe en titre. Mais au-delà de ces absences, le Stade Toulousain a également souffert en conquête.

Deux mêlées à cinq mètres de la ligne adverse avec introduction Doussain ont été autant de ballons gagnés par les Parisiens à la régulière, sur la poussée. Puis une autre question s’est posée dans les couloirs du Stade de France. Les Toulousains étaient-ils vraiment à bloc ? « Je ne crois pas que les joueurs aient galvaudé le match », a estimé un Guy Novès particulièrement fair-play après la déroute. Yannick Bru, son adjoint en charge des avants, a senti ses joueurs lâcher en deuxième mi-temps. « A partir de l’heure de jeu, quand le score a gonflé, on a vraiment senti qu’on faisait naufrage, lentement et sûrement. » Il y avait alors trop de voies d’eau sur le navire toulousain. Qui poursuit néanmoins, et aussi paradoxal que cela puisse paraître après un tel échec, la course en tête du Top 14…