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Top 14 - Les questions pour comprendre les traces de corticoïdes au Racing 92

Dan Carter

Dan Carter - AFP

Jeudi soir, L’Equipe a révélé que des traces de corticoïdes ont été retrouvées dans les urines de Dan Carter, Joe Rokocoko et Juan Imhoff à la suite d’un contrôle urinaire au terme de la finale du Top contre Toulon 14 en juin dernier. L’annonce choc passée, de nombreuses questions entourent ce dossier très technique. Eclairage.

Ce que l'on sait de cette affaire

L’information a été révélée jeudi soir par L’Equipe. Des traces de corticoïdes ont été retrouvées dans les urines de trois joueurs du Racing 92 à l’issue de la finale du Top 14 le 24 juin dernier remportée par le club francilien face à Toulon (29-21) au Camp Nou. Un contrôle urinaire inopiné rendu possible à Barcelone en raison des accords bilatéraux en la matière entre la France et l’Espagne. Les trois joueurs concernés sont Daniel Carter, Joe Rokocoko et Juan Imhoff, tous trois titulaires et acteurs majeurs de cette finale qui a souri aux Racingmen.

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Pourquoi il ne s’agit pas forcément d’une affaire de dopage

Si le mot corticoïde peut interpeller et fait référence dans l’imaginaire collectif au mot dopage, l’affaire qui concerne les joueurs du Racing 92 appelle à plus de nuances. Des autorisations peuvent ainsi être données dans certains cas pour soigner des pathologies avec des corticoïdes. Plus complexe encore, il existe des cas pour lesquels le recours à ce type de traitement peut être fait sans autorisation médicale, les fameuses AUT (autorisation à usage thérapeutique), au préalable. Christian Bagate, responsable de la lutte antidopage à la FFR, éclaire sur le sujet. « C’est l’AMA qui (Agence mondiale antidopage) qui autorise (ces traitements sans autorisation), explique-t-il dans les colonnes de L’Equipe. On a le droit de se soigner avec certains médicaments. On permet à des gens de jouer en étant soignés. Les corticoïdes par voie orale sont interdits, pas ceux en injection péri-articulaire. »

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Dans le cas des traitements aux corticoïdes sans délivrance d’AUT, le sportif est tenu de le déclarer au moment du contrôle. Et en cas de résultat positif, cette exemption d’autorisation n’exonérera pas le sportif de devoir s’expliquer devant la commission médicale de la Fédération concernée.

Les explications des joueurs et du Racing

Les réactions des parties mises en cause n’ont pas tardé. Et elles tournent autour de ces fameuses autorisations aux traitements médicaux aux corticoïdes afin de se soigner. Premier à dégainer, l’agent de Carter et Rokocoko, Simon Porter, prône la bonne foi et le respect des règles de la part de ses clients. « On est au courant depuis quelques semaines, assure-t-il au New Zealand Herald. A notre connaissance et au vu des assurances qu’on nous a données, tous les documents relatifs aux AUT étaient transmis. »

Du côté du Racing, la discussion est également portée sur l’aspect des traitements autorisés sous corticoïdes mais, à la différence de l’agent de Carter et Rokocoko, le club francilien assure que ses joueurs n’avaient pas besoin d’autorisations. « Nous comprenons l’émoi provoqué par le mot corticoïde, peut-on lire dans un communiqué publié ce vendredi matin par les champions de France. Ce mot a des résonances émotionnelles fortes car il peut correspondre à des comportements amoraux et illégaux. Il peut aussi correspondre à des pratiques connues, légales, justifiées par la médecine. » Le Racing se fait ensuite plus précis sur les cas de ses joueurs : « Il s’agit de traitements administrés par voix autorisée, prodigués en réponse à des pathologies avérées, plusieurs jours avant la finale du Top 14 et ne nécessitant pas d’AUT. »

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Quelle suite possible pour cette affaire ?

Si l’annonce des traces de corticoïdes décelées dans les urines des trois joueurs du Racing a fait son effet, ces derniers devraient s’en sortir sans trop de casse selon Le Monde. Le quotidien affirme qu’il s’agissait pour les Racingmen d’une infiltration locale, qui a généralement pour but de réduire les douleurs en rapport avec des problèmes articulaires, ligamentaires ou tendineux. « L’instruction est terminée et la commission va statuer rapidement, révèle Christian Bagate, responsable de la lutte antidopage à la Fédération française de rugby, au Monde. Le médecin du Racing a fait tout son travail dans les règles, et c’est dans le dossier. Reste à savoir si les méthodes et la quantité retrouvée dans les urines correspondent au produit qui dit avoir été pris, et à quelle date. Si on nous dit que l’infiltration a été faite il y a dix jours et que les taux ne correspondent pas, il y a un problème. »

Mathieu Idiart