RMC Sport

Toulouse-Toulon : un choc à l’ancienne

Jonny Wilkinson

Jonny Wilkinson - -

Vingt ans après son dernier sacre, Toulon retrouve le goût d’une finale face à l’impitoyable machine toulousaine, ce samedi (18h) dans un Stade de France à 100% rouge et noir. L’ambiance promet d’être chaude.

Plus qu’une finale, une plongée dans l’histoire. Toulouse et Toulon vont proposer une affiche de feu ce samedi au Stade de France (18h) avec en filigrane, la conquête d’un Brennus qui fuit le « peuple » toulonnais depuis vingt ans. Toulouse, tenant du bouclier, a conquis huit titres durant cette période, sous le commandement de Guy Novès, à la tête du Stade depuis 1993 après y avoir officié en tant que joueur. L’entraîneur toulousain était d’ailleurs sur le terrain en 1985 lors du premier choc entre les deux équipes remporté par le Stade. En 1989, Novès avait aussi remporté le premier de ses neuf titres en tant qu’entraîneur face au RCT.

Il ne pensait pas forcément retrouver Toulon à ce stade au terme d’une saison marquée par le départ de Philippe Saint-André en équipe de France et par l’arrivée de Bernard Laporte sur le banc. Thierry Dusautoir, également surpris, y est même allé de son lapsus en citant Clermont à la place du RCT. « Tout le monde voyait Clermont passer au vu de leur saison mais Toulon, avec une formidable solidarité et un paquet d’avants de très haut niveau, est passé, explique le capitaine toulousain. On aura beaucoup à faire pour gagner ce match. » Le « Dark Destroyer » se rappelle notamment de la victoire du RCT (25-22) en saison régulière après une deuxième période qualifiée d’humiliante par Guy Novès.

Boudjellal : « Si les Mayas se sont trompés sur la fin du monde… »

Si le tirage au sort a désigné Toulouse comme équipe évoluant à domicile, le public varois montera en masse au Stade de France alors que le Stade a retourné 1000 places invendues à la LNR. « Nous avons des supporters dans toute la France, tempère le président toulousain, René Bouscatel. Il y aura plus de 15 000 Toulousains mais peut-être que les Toulonnais feront plus de bruit parce qu’ils sont moins habitués… » Sevré de victoire en finale du Challenge européen, les hommes du président Boudjellal ont retenu la leçon. Leurs succès face au Racing (17-13) et Clermont (15-12) le démontrent. Tout comme la chance qui les a accompagnés lors de ces deux sorties.

« J’espère que la réussite va les oublier demain », attend Dusautoir. L’exubérance et la chance des uns feront front à l’expérience et au palmarès des autres. « Si les Mayas se sont trompés sur la fin du monde, que ce n’est pas le 20/12/2012 mais le 09/06/2012, je descendrai sur la pelouse, promet un Mourad Boudjellal en pleine forme pour son retour en tribunes après sa suspension de 130 jours. Je prépare actuellement un guide des toilettes des stades du Top 14 et de Pro D2 pour tous les présidents qui vivent les matches comme moi, je suis sûr que ça fera un best-seller. » La pression façon Boudjellal… Mais une pression que Toulon ne connaissait plus depuis longtemps.