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XV de France: frustration et incompréhension dans les coulisses

Eliminé après une défaite d’un point contre le pays de Galles (20-19), le XV de France a laissé passer sa chance. Les Bleus sont forcément frustrés pour un dimanche soir morose à Oita.

Bernard Le Roux traîne sa peine dans le hall de l’hôtel des Bleus. Une canette de soda à la main, son téléphone dans l’autre. A quelques mètres de là, Romain Ntamack refait le match dans un canapé avec son père, Emile, qui a connu une finale de Coupe du monde voilà vingt ans. Quelques rares supporters ou curieux passent une tête. Les matériels de musculation sont en train d’être rangés dans les camions. Certains joueurs descendent poser leurs valises pour le départ prévu le lendemain et le retour en France qui s’annonce forcément très long. Le dimanche soir est morose au Nikko Oasis Tower.

Il est 22 heures, heure locale à Oita. Le match contre le pays de Galles est terminé depuis un peu moins de quatre heures. Mais la frustration ne passe pas. "On fait notre meilleur match depuis très longtemps mais on perd de notre faute", nous dira un joueur dépité. Pour certains, c’était la fin de l’aventure en sélection. Plus tôt au stade, le capitaine Guilhem Guirado a pris la parole dans les vestiaires. Louis Picamoles, officiellement retraité international, lui, voulait positiver après cette "magnifique aventure humaine" durant les quatre mois passés ensemble. Sébastien Vahaamahina a parlé lui aussi. Pour s’excuser après son stupide carton rouge en début de seconde période qui a évidemment changé la physionomie de la rencontre.

Des Bleus ne comprennent pas le geste de Vahaamahina

Devant les micros, personne n’entend l’accabler. "Il a pété un plomb, il a les fils qui se sont touchés", lance Lopez, sans juger son partenaire de Clermont. Mais dans les rangs français, certains ne comprennent pas comment le deuxième ligne aux 46 sélections a ainsi pu dégoupiller. Pas maintenant, pas après tout ce que les Bleus ont fait… Après le match, le président Bernard Laporte, lui, échange avec le sélectionneur néo-zélandais du pays de Galles Warren Gatland, qu’il rêvait de faire venir à la tête des Bleus avant que les clubs ne s’opposent à un coach étranger, et discute avec Shaun Edwards, l’homme fort de la défense galloise qui rejoindra bientôt les Bleus.

En zone mixte, on souhaite un bon retour en France à Jefferson Poirot. "Ça me fait bizarre que vous me disiez ça, j’ai du mal à réaliser…". Demain, les Bleus quitteront pourtant bel et bien Oita pour Tokyo. Et mardi matin, le XV de France atterrira un peu avant 5 heures du matin dans la grisaille parisienne. Le retour à la réalité s’annonce compliqué… Surtout que les Gallois, eux, seront alors en pleine préparation de la demi-finale contre l’Afrique du Sud. Un match que les Bleus auraient dû jouer s’ils ne s’étaient pas tirés une balle dans le pied…

Jean-François Paturaud à Oita