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Affaire de la sextape: "Ça a tué Valbuena sportivement", les plaidoiries des parties civiles

Le procès dit de "l'affaire de la sextape" s'est poursuivi ce jeudi au tribunal correctionnel de Versailles avec les plaidoiries des parties civiles. Les avocats de la FFF et de Mathieu Valbuena ont pris la parole.

Au deuxième jour du procès de "l'affaire de la sextape", qui se tient au tribunal correctionnel de Versailles en l’absence de Karim Benzema, l’audience s’est poursuivie ce jeudi avec les plaidoiries des parties civiles. L’avocat de la Fédération française de football a été le premier à prendre la parole pour justifier sa constitution de partie civile, c'est-à-dire pourquoi la Fédération est victime dans cette affaire.

Pour rappel, Benzema, qui encourt théoriquement jusqu’à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende, comparait avec quatre co-prévenus, accusés d'être les acteurs d’une tentative de chantage contre Mathieu Valbuena.

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Le "sanctuaire" de Clairefontaine a été "attaqué"

"Les infractions qui portent atteinte à la considération du football rendent la présence de la FFF ici recevable. Au départ de cette affaire, il y a trois individus (Axel Angot, Mustapha Zouaoui et Younes Houass). Dès le départ, leur idée est de profiter du fait que Valbuena soit un membre de l'équipe de France et que les Bleus ont l'Euro 2016 à jouer. Il est fait état, dans les SMS et les appels, que l'Euro 2016 et la popularité de Valbuena donnent de la valeur à la vidéo. On cherche à utiliser le calendrier de l'équipe de France pour obtenir quelque chose", a expliqué l’avocat de la FFF.

"La question que je me pose: combien d'autres joueurs de l'équipe de France ont été pollués par ce genre d'agissements? Du point de vue de la FFF, s'attaquer à des joueurs, c'est s'attaquer au sanctuaire, au sein même de Clairefontaine, qui doit normalement être préservé de toute pollution et réservé à la pratique du football. C'est l'atteinte au sanctuaire. La voix de ces trois-là qui pollue l'environnement du football, elle a réussi à entrer dans une chambre de Clairefontaine", a poursuivi le conseil, qui a terminé sa plaidoirie en demandant une "d'indemnisation symbolique de 1€ et de 6000€ au titre de l'article 75-1". L’avocat de Mathieu Valbuena, Me Paul-Albert Iweins, a réclamé de son côté 150.000 euros de dommage et intérêts pour un préjudice qu'il estime "sidéral".

Benzema comparé à "un parrain"

"Ça l'a tué sportivement, familialement, ça l'a tué dans l'esprit de beaucoup de gens", a-t-il plaidé, rappelant que la pré-sélection de Valbuena en équipe de France pour participer à l'Euro 2016 était "acquise" avant cette affaire. "Du jour au lendemain, à cause de cette affaire, il a tout perdu", a-t-il appuyé, après être revenu sur la tentative de chantage à l'encontre de son client digne "d'une situation de racket": "Bien sûr ils sont bienveillants, mais si tu n'acceptes pas, tu vas avoir des soucis. On se croirait dans une mauvaise série sicilienne." Il s’est aussi exprimé sur l’implication de Benzema, qui s’est selon lui "comporté comme un parrain".

"Quand c'est Karim Benzema, votre coéquipier de l'équipe de France qui vous dit 'j'ai une solution', c'est mafieux comme discours. (…) Mathieu a prié jusqu'à la fin du mois d'octobre pour que ça ne sorte pas car cette affaire compromettait sa propre sélection et celle de Benzema qu'il considère comme un grand sportif", a développé Me Paul-Albert Iweins. Alors qu'une mise en délibéré était attendue, le jugement du tribunal correctionnel de Versailles pourrait finalement être rendu dès ce vendredi.

RR avec Cécile Danré, Justine Chevalier et Maxime Levy