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Mondiaux de ski: pourquoi la piste de descente fait polémique

Alors que la descente masculine des championnats du monde de ski alpin à Cortina d'Ampezzo doit avoir lieu dimanche matin, les spécialistes de la vitesse ont pu se mesurer ce vendredi au tracé lors d’une première descente d’entraînement. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la piste n’a pas manqué de susciter la polémique.

Jeudi, lors du super-G des championnats du monde de ski alpin à Cortina d'Ampezzo, les trois premiers dossards avaient dû abandonner en cours de route après avoir raté une porte située après le premier grand saut du parcours, obligeant les skieurs suivants à beaucoup ralentir. "C'est la première fois de ma vie qu'on me dit qu'il faut freiner avant un saut", déclarait d'ailleurs après la course Johan Clarey, également parti à la faute. Une course qui a manifestement convaincu les traceurs d'organiser pour la descente le ralentissement des skieurs en imposant des virages très serré avant ce fameux saut nommé "vertigine", qui du coup n'en est plus un, tant les athlètes arrivent à allure réduite.

"Il y a des virages pas naturels, le super-G a dû refroidir les organisateurs donc ce n’est pas plus mal de ne pas envoyer les gars au casse-pipe en descente. Mais là, il y a peut-être moyen de décaler quelques portes. J’ai pris des repères sur une piste inédite. On s’adaptera au tracé, voilà tout", expliquait ainsi Maxence Muzaton ce vendredi matin. "On n’arrive pas à s’exprimer sur la piste, mais a-t-on vraiment le choix ?, se demandait quant à lui Matthieu Bailet, 7e du Super-G. Il y a ces virages vraiment durs à tailler avant le saut Vertigine. Mais on a encore un entraînement samedi."

Les conditions d'accès au portillon de départ posent aussi problème

Autre problème soulevé ce matin par les skieurs en zone mixte, les conditions d'accès au portillon de départ. Car le télésiège qui y permet l'accès n'emmène pas directement les skieurs en haut de la piste, et ceux ci doivent circuler un long moment sur des marches manifestement pas très adaptées, et au nombre de 200. "Les marches, c’est pas normal ! s'est ainsi emporté Matthieu Bailet. Plus de 25 minutes de marche… Est-ce qu’un coureur de 400 m au Mondiaux d’athlétisme accepterait de faire 25 minutes de dénivelé à 2000 m avant leur finale ?"

Plus mesuré Maxence Muzaton déplorait malgré tout ces conditions également. "Il faut prendre de la marge pour monter, c’est fatigant, on a la tête qui tourne, monter je ne sais pas combien d’escalier avec des pompes de ski et la combinaison qui te serre les jambes, ce n’est pas l’idéal." Le deuxième entraînement de la descente aura lieu samedi à 13h pour ces messieurs, avec peut-être encore un tracé modifié. Une piste qui n'a été emprunté qu'une seule fois par le gratin. Lors des championnats d'Italie 2019.

Arnaud Souque