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Saint-Moritz (descente) : Théaux ou le rêve fou du petit globe

Cinquième du classement de la discipline avant la dernière descente de la saison, ce mercredi (10h) à Saint-Moritz (Suisse), cadre des finales de la Coupe du monde, Adrien Théaux garde un espoir mathématique de remporter le petit globe de cristal de la spécialité. La récompense d’une saison où le skieur tricolore a gagné en régularité.

La possibilité s'avance minime. Infime. Mais elle existe. Alors Adrien Théaux peut encore rêver. Cinquième du classement de la discipline avant la dernière descente de la saison, ce mercredi (10h) à Saint-Moritz (Suisse) dans le cadre des finales de la Coupe du monde, le skieur de Val Thorens conserve une chance de remporter le petit globe de la spécialité et d’imiter les deux Français qui ont déjà signé cet exploit, Jean-Claude Killy (1967) et Luc Alphand (1995, 96 et 97). Alors qu’une victoire rapporte 100 points et une deuxième place 80, ses 66 points de retard sur les deux co-leaders – le Norvégien Aksel Lund Svindal (blessé et donc absent) et l’Italien Peter Fill – lui permettent de garder un espoir mathématique. Loin d’être gagné, très loin même, mais pas impossible non plus.

« Ça a de la gueule et ça fait rêver, c’est clair. J’aimerais bien passer après Killy et Alphand et succéder à ces deux monstres du ski français, admet Théaux. Ce sera très compliqué, c’est sûr, mais on a vu des situations plus compliquées que la mienne qui ont réussi. Je vais jouer ma carte à fond pour ne rien regretter. Et si ce n’est pas cette année, on fera tout pour que ce soit l’année prochaine. » Directeur des équipes de France masculines de ski alpin, David Chastan apprécie de voir « Adri » en bagarre pour un globe : « Ça montre une régularité sur la saison. On ne peut pas se retrouver là si on n’a pas au moins fait des podiums ou une victoire. Il a tout à gagner et rien à perdre. »

« Il a passé un cap sur la régularité »

A 31 ans, le Français réalise la meilleure saison de sa carrière. Depuis sa 25e place sur la descente de Val Gardena (Italie), le 19 décembre, le natif de Tarbes n’est jamais sorti du top 10 sur la discipline. Une constance récompensée par son succès à Santa Caterina (Italie), sa troisième victoire en Coupe du monde après la descente de Lenzerheide (Suisse) en 2011 et celle de Kvitfjell (Norvège) en 2013. Sans oublier son autre podium de l'hiver sur le combiné de Wengen. « Sur la régularité, oui, il a passé un cap, analyse Chastan. Il est capable de gagner des courses, il l’a montré depuis plusieurs années, mais la difficulté est d’arriver à maintenir ce niveau-là toute la saison, d’être régulièrement dans les quatre. Il y a des pistes et des conditions qui lui vont un peu mieux que d’autres. Il faudra travailler un peu plus les conditions un peu plus faciles. Il y a toujours moyen de limiter la casse dans ces conditions-là et d’être fort sur les pistes qui lui vont bien. Il est plus régulier mais on a encore besoin de bosser pour être plus régulier devant. »

La conquête d’un globe dans le futur passera par là. En attendant, Théaux va jouer crânement sa chance. A l’entraînement, ce mardi, le Français (ils seront trois dans cette descente avec Johan Claret et Valentin Giraud-Moine, deuxième à Kvitfjell samedi dernier) à n’a pris que la 16e place alors que Peter Fill s’offrait le meilleur temps. Pas de quoi inciter à l’optimisme. Mais la blessure à la jambe gauche contractée ce mardi par l’Italien Dominik Paris, troisième du classement de la Coupe du monde de la spécialité, pourrait lui enlever un adversaire dans la course à l’improbable rêve. Toujours ça de pris quand on part de si loin.

A.H. avec G.Q. à Saint-Moritz