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Coupe Davis: comment les joueurs français réagissent aux propos de Noah

Présents cette semaine à Metz pour le tournoi ATP, plusieurs joueurs français ont réagi à la première conférence de presse de Yannick Noah en tant que nouveau capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis. Entre envie de mieux découvrir le bonhomme, impatience et bon signe pour l’avenir.

Le cœur du tennis français bat cette semaine du côté de Metz et de son tournoi ATP. Mais ce mardi, il avait aussi les yeux rivés sur Roland-Garros et le siège de la Fédération, cadre de la première conférence de presse de Yannick Noah en tant que nouveau capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis. En forme, le vainqueur de Roland-Garros 1983 a évoqué son projet et « l’unanimité » des joueurs – il les a tous eus au téléphone – derrière lui. Mais qu’en pensent vraiment ces derniers ? Premier de cordée à répondre à cette question qui brûle les lèvres du monde de la balle jaune tricolore, Gilles Simon n’a pas caché son intérêt pour cette nouvelle aventure.

Simon : « J’essaie de ne rien attendre »

« Ça va être marrant, je pense, a lancé le 10e joueur mondial (premier Français au classement ATP) depuis Metz. Ça va être quelque chose de nouveau, différent, et je suis impatient de voir comment ça va se passer. Je suis toujours partant pour tout donc j’étais content de parler avec lui. On a discuté assez longtemps mais ça prend un peu plus de temps pour bien cerner les choses. On ne se connaît pas et j’ai toujours pensé qu’il avait des choses à apporter. J’ai toujours souhaité connaitre sa vie. On va approfondir ça dans les semaines à venir. Je vois beaucoup de positif là-dedans mais j’essaie de ne rien attendre. C’est vrai qu’il a une image mais l’image, je m’en fous. La plupart des gens ont l’impression de connaitre quelqu’un à travers les médias et je ne pense pas que ce soit possible. J’attends qu’on se voie face à face et qu’il m’explique sa manière de procéder avant de juger. » 

Mannarino : « Je ne pense pas être une priorité pour lui »

Les banalités d’usage évacuées, quid du sentiment « d’urgence » évoqué par Noah pour cette génération ? « J’ai 30 ans donc oui je la ressens, répond Simon. On a eu beaucoup de campagnes, on aurait dû en gagner une voire deux, mais c’est loin d’être aussi simple. On espère qu’on va la gagner. On va faire le maximum et on va essayer de progresser plus vite que ce qu’on a fait ces dernières années car on n’a plus le droit à l’erreur. J’espère qu’on arrivera à faire mieux. On ne s’est pas caché et on a toujours dit qu’on n’avait pas été assez bons à certains moments. Sinon on n’aurait pas discuté autant entre nous pour savoir comment améliorer les choses. Mais à partir du moment où on a un nouveau capitaine, avec un nouveau mode de fonctionnement, on ne va pas s’attarder sur le passé. »

Mahut : « Forcément, quand Yannick prend la parole, tu l’écoutes »

Les regards sont désormais tournés vers l’avenir et la campagne 2016, qui débutera en mars prochain. Une échéance qui pourrait impliquer des petits nouveaux. Car Noah a bien précisé que « l’équipe de France concern(ait) dix joueurs ». « J’ai reçu un message de Yannick me disant qu’il allait reprendre le capitanat et qu’il aimerait bien qu’on se voit pour faire connaissance et discuter de sa vision des choses, explique Adrian Mannarino. Je l’ai vu par hasard le lendemain à Roland Garros et on a discuté deux trois minutes. On prendra le temps de se voir avant Bercy et on fera le point. C’est plutôt encourageant et bon signe. Mais je ne pense pas être une priorité pour lui. Être dans le noyau veut pas forcément dire intégrer l’équipe. Il y a des bons matches à faire et un état d’esprit à garder. »

Tsonga s'exprimera plus tard

« Forcément, quand Yannick prend la parole, tu l’écoutes, juge pour sa part Nicolas Mahut. J’ai toujours dit que je ne croyais pas l’homme providentiel. Je crois en l’unité de groupe. Est-ce qu’il va être à même de créer ça ? C’est autre chose mais je pense que oui. » L’Angevin s’est en revanche étonné d’une éventuelle absence à l’Open d’Australie, en janvier. « J’ai entendu qu’il ne comptait pas venir sur les tournois du Grand Chelem. Alors, je ne sais pas trop où on va trouver le temps pour apprendre à se connaître », a jugé celui qui a apprécié le discours de Noah, à une exception : « Le moment où il a été le moins à l’aise, c’est sur Arnaud (Clément). Même s’il a été dur, il a lui rendu un hommage sur le fait que c’était un joueur irréprochable. Il a dit qu’il n’y avait pas de bonne manière de faire les choses. Je pense qu’il a toujours une bonne manière de faire les choses. » C’est sans doute dans cette optique que Jo-Wilfried Tsonga, Interrogé avant la conf’ du capitaine, n’a pas voulu évoqué la question. Le supposé « leader » français ne l’est pas toujours devant les micros.