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France-Suisse : impossible est-il français ?

Arnaud Clément, le capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis

Arnaud Clément, le capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis - AFP

Menée 2-1 après le double, l’équipe de France va devoir gravir l’Everest d’une vie pour remporter la Coupe Davis ce dimanche. Les Bleus devront battre Roger Federer et Stan Wawrinka, numéros 2 et 4 mondiaux, dans la même journée. Mission impossible ?

Pour se faire peur, il y a d’abord le froid constat des statistiques. La paire Gasquet-Benneteau battue par le duo helvète Federer-Wawrinka, la France se retrouve menée 2-1 par la Suisse au matin de la dernière journée de la finale de la Coupe Davis. Et pour soulever le Saladier d’argent, les Bleus vont devoir renverser des montagnes. Pensez donc. Sur les 40 derniers vainqueurs de la Coupe Davis, 35 avaient remporté le double. Depuis 1927 et la création de l’épreuve, jamais les Bleus n’ont gagné une finale en concédant cette rencontre. Se caler sur les chiffres individuels ne change rien à l’effroi. Roger Federer, qui tentera d’aller chercher le troisième point suisse à partir de 13 heures, n’a jamais perdu un simple de Coupe Davis le dimanche depuis… 11 ans. Son bilan en simple dans cette épreuve en dit long : 37 succès contre 8 revers.

L’homme aux 17 titres du Grand Chelem ne craint pas grand-chose de ses rivaux français : que ce soit contre Tsonga (11-5), Gasquet (12-2) ou Benneteau (6-2), Roger mène à chaque fois dans les confrontations directes. C'est Richard Gasquet qu'il aura la lourde tâche de défier le roi ce dimanche à partir de 13h. Seul point positif : sur terre battue, Gasquet en est à 2-2 contre lui. Pas de quoi empêcher d’imaginer une victoire de la France comme une mission quasi impossible. Pour triompher dans le stade Pierre-Mauroy, les Bleus devront réaliser non pas un mais bien deux exploits. Battre Federer et Wawrinka, numéros 2 et 4 mondiaux, dans la même journée. Avec un Roger de mieux en mieux sur le plan physique et un Stanislas qui affiche un superbe niveau de jeu depuis vendredi, on leur souhaite bien du courage… Les intéressés, eux, veulent pourtant y croire. Logique méthode Coué, la seule possible pour rêver d’impossible. D’autant que les Bleus le savent : s’ils reviennent à 2-2, la perspective d’un Gaël Monfils dans un cinquième match décisif contre Wawrinka devant son public permet d’imaginer le meilleur.

« On est capable de gagner ces deux simples »

« Il faut trois points et ils ne les ont pas donc ce n’est pas fini, calcule Julien Benneteau. On va tout donner pour apporter ces deux points. On n’aura plus rien à perdre donc on pourra jouer sans frein à main, en tentant tout, en donnant tout. On va se remobiliser pour tout faire pour qu’il y ait une journée incroyable. » Richard Gasquet embraye : « On va repartir au combat pour aller chercher cette Coupe Davis. » Et Arnaud Clément, le capitaine, de faire vivre l’espoir : « Le groupe est touché. Mais la force d’un groupe, c’est sa capacité à rebondir. Il va falloir réagir très vite, se remobiliser et se reconcentrer pour jouer à fond notre chance. » Même son de cloche dans le monde du tennis tricolore. « Plein de signes ne sont pas encourageants mais tout reste possible, souligne l’ancien joueur Arnaud Boetsch. Les Bleus se sont recroquevillés et il va falloir sortir de cette coquille, repartir de l’avant, être brillant et sortir tout ce qu’on a. »

Patrice Hagelauer, l’ancien DTN, donne la formule à suivre : « Il n’y a pas le choix. Les Français devront sortir deux gros matches s’ils veulent gagner. » La palme de l’optimisme revient à Eric Winogradsky, l’ancien coach de Tsonga : « Ce n’est pas terminé tant qu’on peut encore jouer la dernière balle. Cette année, contre l’Allemagne, la France est déjà revenue d’un 2-0. On est largement capable de gagner ces deux simples. » Positiver, encore et toujours. Et écouter le sage Federer : « Rien n’est encore gagné pour nous ». Pour créer l’exploit, les Bleus devront d’abord faire chuter Roger. Avec Gasquet. « Jo a la capacité de jouer mais je suis prêt à y aller aussi si je suis amené à disputer le match », confiait Gasquet samedi soir. Mais on n’est pas très rassuré avec sa prestation en double... De l’espoir, oui. Mais du pragmatisme aussi. Alors, impossible est-il français ?

A.H. avec E.S., C.G., R.M., P.Ta et J.Bo. à Villeneuve d'Ascq