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Le titan Djokovic

Novak Djokovic et Rafael Nadal au bout de leurs forces

Novak Djokovic et Rafael Nadal au bout de leurs forces - -

Novak Djokovic a remporté l’Open d’Australie, son troisième Grand Chelem de suite, face à Rafael Nadal (5-7, 6-4, 6-2, 6-7, 7-5), ce dimanche au terme de la plus longue finale de l’histoire de l’ère Open (5h53). Époustouflant !

Un vrai choc de titans. Pour leur troisième rendez-vous consécutif en final d’un Grand Chelem (après Wimbledon et l’US Open), Novak Djokovic et Rafael Nadal ont combattu comme des gladiateurs dans une Rod Laver Arena qui n’a jamais aussi bien porté son nom. Il était un peu plus de 19h45 quand la rencontre a débuté. Elle s’est terminée au bout de la nuit sur les coups de 1h38 après 5h53 de match devenant ainsi la finale la plus longue de l’histoire de l’ère Open. A tel point que Rafael Nadal a débuté son discours d’après-match par un « good morning » de circonstances ! Pourtant, comme lors de leurs six confrontations en finale en 2011, l’Espagnol a encore trébuché face à Novak Djokovic (5-7, 6-4, 6-2, 6-7, 7-5).

Les efforts répétés en demi-finales (4h50 pour le Serbe, 3h42 pour l’Espagnol) n’ont pas eu d’emprise sur ces monstres encore capables d’allonger des échanges à près de trente coups dans le cinquième set. « Ça dépasse l’entendement, s’extasie Patrice Dominguez, membre de la Dream Team RMC. Comment arrivent-ils à produire un tel tennis après avoir joué des demi-finales aussi longues ? On a touché au sublime. » Vexé par ses échecs à répétition face au Serbe, Nadal a mis à profit son jour de repos supplémentaire pour prendre les choses en main dans le premier set après 1h28 d’échanges forcenés (7-5).

Incapables de rester debout après le match !

Comme en demi-finales, « Nole » a fait parler son mental à toute épreuve en reprenant le dessus sur l’Espagnol qu’il adore martyriser en entrant davantage dans le court. Jusqu’ici impeccable, le Taureau de Manacor - qui devient le premier joueur de l’ère Open à concéder trois défaites de rang en finale d’un Grand Chelem - a vacillé sur son service qu’il a cédé à deux reprises (6-4) au terme d’1h06 de jeu. De quoi doucher les espoirs de « Rafa » acculé par le « roi Djoko » sur son petit nuage dans le quatrième set, le plus court de la partie (6-2 en 45 minutes). Alors qu’il aurait pu conclure dans la quatrième manche, « Djoko » s’est exposé au retour fracassant de l’Espagnol qui a recollé (4-4) juste avant la fermeture du toit en raison de l’apparition de la pluie avant d’égaliser (7-6) après 1h28 d’échanges !

Un ascendant psychologique évident ? Oui, pensait-on, au regard du break effectué qui a placé l’ancien numéro un mondial vers son deuxième sacre à Melbourne (après celui de 2009). Puis « Nole », grimaçant, s’est accroché pour débreaker et arracher son troisième Open d’Australie (2008, 2011, 2012) et son cinquième tournoi du Grand Chelem sur un dernier coup droit gagnant. Il égale Rod Laver, Pete Sampras, Roger Federer et Rafael Nadal qui, comme lui, ont remporté trois Grands Chelems de suite. Le prochain au programme, Roland-Garros, est le dernier qu’il manque à sa collection. Il y a peut-être pensé au moment de s’asseoir sur les chaises apportées par les organisateurs aux deux finalistes occis de fatigue et incapables de tenir debout pendant le discours protocolaire. Car ces deux joueurs sont quand même humains…

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Maria : « Je suis KO, j’ai besoin d’une bonne bière ! »|||

Il y avait un Français lors de cette finale mémorable à Melbourne. Pascal Maria, assis sur la chaise d’arbitre avait déjà officié lors d’un Federer-Nadal à Wimbledon et d’un Roddick-El Aynaoui ici-même.  « Je ne retiendrai pas que Djokovic, mais les deux joueurs, a commenté ému le Niçois. Un match dont on va se souvenir longtemps. J’espère que les deux vont continuer à gagner des titres. On ne pense pas trop à qui va gagner, mais juste à annoncer les balles correctement et à ne pas faire d’erreur. Ils étaient tous les deux forts mentalement. On se demande comment ils font.  On ne regarde pas trop l’heure. On apprécie le tennis. Je suis KO, j’ai besoin d’une bonne bière ! »

dossier :

Novak Djokovic

Nicolas Couet avec Eric Salliot à Melbourne