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Le Big Four (presque) au complet

Rafael Nadal

Rafael Nadal - -

Après Djokovic et Federer hier, Rafael Nadal, vainqueur d’Almagro (7-6, 6-2, 6-3) et David Ferrer, tombeur de Murray (6-4, 6-7, 6-3, 6-2), n°4 mondial, ont complété le dernier carré, en se donnant rendez-vous pour une demi-finale 100% espagnole. Chocs en perspective, vendredi à 14h.

Nadal-Almagro (7-6, 6-2, 6-3)

Ce quart de finale 100% espagnol a été aride comme un désert des Bardenas en Navarre. Les deux Ibères, amis et compatriotes en dehors des courts, se sont livrés, en 2h46, à un match dur. Almagro, 13e joueur mondial, malheureux jusqu’alors dans tous ses duels avec le n°2 mondial, a attaqué la partie tambour battant. Agressif, sûr de ses mises en jeu, il a poussé Rafael Nadal au tie-break, une première pour le sextuple vainqueur dans cette édition 2012, mais qui restera comme un exploit sans lendemain. A 3-0 dans le jeu décisif, les deux guerriers livrent l’échange qui restera le plus long du match. 35 coups, là encore inutiles, puisqu’ils finiront par construire, comme autant de briques ocres, le succès de Nadal (7 points à 4). Epuisé par la joute, son rival pliera au set suivant, l’abandonnant sans résistance (6-2).

On croit la messe dite, mais le Murcian résiste, et s’il s’énerve contre l’arbitre qui interrompt le match deux minutes en raison de quelques gouttes qui s’abattent sur la Porte d’Auteuil, il a deux balles de break à 2-2, puis une troisième à 3-3. Mais comme la veille pour Tsonga face à Djokovic, l’outsider ne sut pas convertir ses rares chances d’inverser le cours de la rencontre. Almagro perdit ensuite son service, le Majorquin gagna le sien, et couronna son entreprise de démolition par un ultime break. « Ça a été un match difficile, il touche bien la balle, il est très agressif, il a un très bon deuxième service, a admis Nadal, qui n’a toujours pas perdu un set. Je n’ai pas joué aussi bien que j’aurais voulu, mais c’est passé. » Le Taureau de Manacor, qui dit se moquer des records, a bonifié ses stats face à ses compatriotes : 57 victoires pour 5 revers. Des miettes…

Ferrer-Murray (6-4, 6-7, 6-3, 6-2)

Si le premier quart opposant Nadal à Almagro a pu paraitre aride, celui qui a vu l’affrontement entre David Ferrer, un autre Espagnol, et l’Ecossais Andy Murray, s’est avéré morne. Le n°6 mondial a pris le dessus sur son adversaire, mieux classé de deux rangs, grâce au jeu de fond de court qu’on connait au Valencian. Après un début de match loupé, qui semblait partir sur les mêmes bases que contre le Finlandais Jarkko Nieminen, Murray su rebondir pour revenir dans la course. Mais, alternant le meilleur et le pire, le Britannique n’a pu su concrétiser son retour, et c’est logiquement que Ferrer, terrien par excellence, parvint à remporter son duel.

La pluie, qui a interrompu le match à deux reprises, n’a pas aidé à relancer un match dépassionné. Les deux hommes se tiennent désormais à 5 victoires partout, mais 4 pour l’Espagnol sur terre battue. Ferrer se qualifie pour la première fois de sa carrière pour les demi-finales de Roland-Garros, après deux quarts en 2005 et 2008. Murray, demi-finaliste en 2010, s’arrête en quarts comme en 2009. « C'était un bon tournoi pour moi, déclare néanmoins l’Ecossais. Je ne me sentais pas aussi bien que l'an passé. J'ai perdu contre un meilleur joueur sur terre battue que moi. Je dois travailler pour l'an prochain. »

Louis Chenaille