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Nadal, 6 Avenue des Géants

Rafael Nadal

Rafael Nadal - -

Vainqueur en finale ce dimanche face à Roger Federer (7-5, 7-6, 5-7, 6-1), Rafael Nadal décroche son sixième titre à Roland-Garros et égale, à 25 ans, le palmarès parisien du Suédois Björn Borg. Impressionnant malgré les 3h40 de jeu, l’Espagnol reste numéro 1 mondial.

En trois ans, l’intensité de l’affiche a bondi. Sonné par ses deux défaites précédentes en finale de Roland-Garros, en 2006 et 2007, Roger Federer était balayé en 2008 par Rafael Nadal en 1h48 et trois petits sets (6-1, 6-3, 6-0). Leur quatrième face-à-face en finale sur le Central, ce dimanche après-midi, a effacé tous les regrets des duels passés. Car c’est un match extrêmement accroché que les deux légendes contemporaines du tennis ont offert aux spectateurs du court Philippe-Chatrier et aux millions de téléspectateurs dans le monde. Et après 3h40 de combat, l’Espagnol a fini par repousser définitivement le Suisse, qui n’a évolué au niveau de sa formidable demie contre Novak Djokovic que lors de quelques instants (7-5, 7-6, 5-7, 6-1).

« En 2008, je n’ai pas réellement pensé que j’avais gagné Roland-Garros parce c’était facile, a expliqué ‘Rafa’. Cette année, c’est différent. C’est une grosse satisfaction, surtout parce que je n’étais pas au meilleur de ma forme au début du tournoi ». Mais une sixième victoire à Roland-Garros (2005, 2006, 2007, 2008, 2010, 2011), ça ne tient parfois pas à grand-chose. A un petit ajustement, à un confort retrouvé. Quand Rafael Nadal appelle le soigneur, dans la première manche, il est mené 5-2 par Roger Federer. Il n’a alors que quelques pas à faire pour rejoindre sa chaise. Que quelques boucles de lacets à desserrer pour retirer sa chaussure gauche. Que quelques coups de ciseaux à donner pour détendre le strapping qui recouvre sa cheville. Et lancer le bras de fer pour de bon.

Dixième titre en Grand Chelem

La finale des géants a démarré depuis exactement 30 minutes et elle est alors largement dominée par le Suisse. Mais 32 minutes plus tard, c’est l’Espagnol qui remporte le premier set. La première marche vers un nouveau triomphe. Car « Rafa » est grand, toujours plus grand. Il compte désormais dix victoires en Grand Chelem, à seulement 25 ans. Et le même palmarès à la Porte d’Auteuil, dorénavant, que le Suédois Björn Borg (1974, 1975, 1978, 1979, 1980, 1981). « Egaler Björn Borg, c’est très spécial, a reconnu Rafael Nadal. C’est un honneur d’être comparé à lui, mais le plus important, c’est d’avoir remporté Roland-Garros. »

Ni les quinze minutes d’interruption à cause de la pluie, à 7-5, 5-4 et égalité sur son service, ni les quelques coups magiques de son adversaire suisse dans le troisième set, n’ont pu empêcher l’Espagnol de marcher une nouvelle fois sur Paris. Oubliés, son niveau de jeu énigmatique en début de tournoi, ses cinq sets au premier tour contre l’Américain John Isner. « Quand je gagne Roland-Garros, c’est toujours une bonne saison », sourit Nadal. Son regard acéré, sa rage, son bras gauche surpuissant et son lift extraordinaire sont réapparus aux moments-clés, contre Robin Soderling en quarts, Andy Murray en demies et Roger Federer en finale. Tous les ingrédients qui font de lui le roi de Roland-Garros. Depuis déjà si longtemps. Et pour combien d’années encore ?

Le titre de l'encadré ici

Le club des vainqueurs de 10 tournois du Grand Chelem|||

Roger Federer : 16 victoires en Grand Chelem (4 Open d'Australie, 1 Roland Garros, 6 Wimbledon, 5 US Open)
Pete Sampras : 14 (2 Open d'Australie, 7 Wimbledon, 5 US Open)
Roy Emerson : 12 (6 Open d'Australie, 2 Roland Garros, 2 Wimbledon, 2 US Open)
Rod Laver : 11 (3 Open d'Australie, 4 Roland Garros, 2 Wimbledon, 2 US Open)
Björn Borg : 11 (6 Roland Garros, 5 Wimbledon)
Rafael Nadal : 10 (1 Open d'Australie, 6 Roland Garros, 2 Wimbledon, 1 US Open)

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