RMC Sport

Pourquoi Nadal est au-dessus du lot

Rafael Nadal

Rafael Nadal - -

Impérial depuis le début de Roland-Garros, Rafael Nadal est plus que jamais le grandissime favori à sa propre succession. En course pour un 7e titre record, l’Espagnol n’a jamais semblé aussi fort. Explications.

On pensait tout connaître de Rafael Nadal. Avoir déjà tout vu de l’ovni majorquin débarqué à Roland-Garros en 2005, et déjà vainqueur six fois du Grand Chelem parisien. Mais à 26 ans, « Rafa » a encore décidé de nous étonner. Redescendu au 2e rang mondial avec l’avènement de Novak Djokovic, le natif de Manacor semblait moins souverain. Pire, on le croyait devenu « simple » outsider face au Serbe. C’était sans compter sur sa forme depuis le début de la saison sur terre battue, avec en point d’orgue sa première semaine sur les courts de la Porte d’Auteuil.

Quatre matchs de rêve, où l’Espagnol n’a pas concédé le moindre set et n’a laissé que 19 jeux en route. Une première depuis 1987 à ce niveau de la compétition dans un Grand Chelem. Et lors de son 1er véritable test, ce lundi face à Juan Monaco, un client sur terre battue, Nadal s’est baladé (6-2, 6-0, 6-0) en enchaînant 17 jeux consécutifs. « Je m’excuse pour le score », a-t-il même lâché un peu gêné envers son « punching ball » argentin. « Jusqu’à maintenant, Rafael n’a pas eu de matchs très, très durs, tempère toutefois Toni, son oncle et entraîneur. Contre Almagro, ça va être plus difficile. » Reste toutefois que son neveu, en lice pour dépasser Björn Borg au palmarès de Roland-Garros, pratique sans doute le plus beau tennis de sa carrière.

Moya : « Presque impossible à battre »

« Il est incroyable, très solide, s’extasie Carlos Moya, vainqueur à Paris en 1998. J’ai l’impression qu’il est très en confiance. C’est le grandissime favori. Plus que jamais. Cette année, il a encore plus confiance en son tennis. Il est aussi plus agressif. Quand il est comme ça, il est presque impossible à battre. » Plus affûté que jamais, enfin tranquille avec ses problèmes de genou, l’ancien numéro un mondial est redevenu la machine à gagner qu’il a longtemps été.

« C’est une personne qui veut s’améliorer tout le temps, qui est tout le temps ambitieuse, explique Alex Corretja, capitaine de l’équipe d’Espagne de Coupe Davis. Chaque jour, il va sur le court pour essayer de s’améliorer. C’est ça la clé. Cette année, il a gagné à Monte-Carlo, Barcelone et Rome. Il est arrivé ici avec beaucoup de confiance. » Une confiance qui n’empêche toutefois pas Nadal de garder les pieds sur terre. « Jusqu'à présent, tout marche bien. Mais les choses peuvent tourner car c’est un tournoi très difficile », souligne-t-il. Et à vrai dire, avoir son nom dans le livre des records en cas de 7e succès à la Porte d’Auteuil est pour le moment le cadet des soucis de l’homme aux 10 Grands Chelems. « Les records sont importants à la fin de la carrière des joueurs, souffle-t-il. Quand tu es au milieu de ta carrière, tu penses au jour le jour. » Nicolas Almagro, l’adversaire de Nadal en quarts de finale, peut déjà trembler.

Alexandre Alain avec Georges Quirino