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Roland-Garros: Benoit Paire pousse un coup de gueule après une soirée agitée

Battu au 1er tour de Roland-Garros en simple, Benoit Paire a été éliminé en 8e de finale en double ce dimanche, aux côtés du Monégasque Romain Arneodo. Alors que les spectateurs, qui le soutenaient, ont dû quitter le court avant le couvre-feu, le Français a poussé un coup de gueule contre l’organisation.

Roland-Garros s’est achevé ce dimanche pour Benoit Paire. Il a perdu en double et la fête a été gâchée par une programmation malchanceuse, en mettant les formes… Ce que n’a pas fait le Français à sa sortie du court des serres, avec un tweet cinglant. La fin, amère, d’une soirée très particulière à Roland-Garros.

Pour ce huitième de finale de double, aux côtés du Monégasque Romain Arneodo, Benoit Paire a pu compter sur un groupe d’une dizaine de supporters venus donner de la voix avant le couvre-feu. Et certains étaient habillés à son effigie, t-shirts et casquettes avec la tête du Français. Une marque créée par l’un d’eux.

"Benoit, Benoit, Benoit": à chaque point, ces supporters hurlent, se lèvent et scandent à tue-tête le prénom du Français. Et au milieu d’eux, Pierre-Julien, 23 ans, créateur d’une marque de vêtements en référence à l’Avignonnais, "Bennygoat" : "C’est parti d’un délire avec un ami. On adore Benoit, on regarde tous ses matchs. Au-delà de la personnalité, il a un gros talent".

Depuis, il a fabriqué une gamme de t-shirts, floqués avec la tête du Français, et d’autres où l’on peut lire "Santé Marion", en référence à la phrase lâchée par Benoit Paire pour chambrer Marion Bartoli, l’ancienne lauréate de Wimbledon. Alors pour cette rencontre, tous avaient la tenue en l’honneur du joueur.

"Il a besoin de s’exprimer avec ses supporters, c’est pour cela qu’on est là", lâche Pierre-Julien. Et avec lui, des amis, mais aussi des personnes qui ont adhéré à la marque et qui ont répondu présents. Le groupe a un objectif: "Pendant le match, on va faire un maximum de bruit, on a préparé des chants et Romain Arneodo nous a dit de mettre l’ambiance". Dès l’échauffement, le public parsemé du court des serres se prend au jeu. Des cris, des chants à chaque changement de côté.

"Santé Marion"

Mais cette belle ambiance ne va pas perdurer. Programmés en dernière position sur le court Simonne-Mathieu, les joueurs, Benoit Paire/Romain Arneodo et Hugo Nys/Tim Puetz, sont entrés sur le court à 19h55. Couvre-feu oblige, dès 20h30, le speaker annonce que "les portes fermeront dans quinze minutes". Huées dans les tribunes. Difficile de retrouver du calme et le silence.

Benoit Paire lâche un "Santé Marion" avant que l’arbitre demande aux joueurs de prendre place rapidement. Et jusqu’au bout, le groupe de fans continue d’encourager. Debout à chaque point, téléphones dans les mains pour immortaliser le moment. Arrive l’heure fatidique, changement de côté, 5 jeux à 4 pour Nys/Puetz, les supporters se précipitent en bas des tribunes. Le Français accepte quelques selfies et balance sa serviette dans les tribunes. Le set perdu, "Ben" lâche sa colère: "Comment on peut faire une programmation de merde comme ça…"

"Belle programmation Roland-Garros"

Une demi-heure plus tard, la défaite est consommée (6-4, 6-4). Dans les allées des serres d’Auteuil, l’Avignonnais s’arrête un instant, sort de son sac son téléphone et tweete sa colère. "Belle programmation Roland-Garros, au lieu de retirer l’accréditation d’un sparring qui prend un selfie et met l’ambiance (NDLR : en référence à Samuel Brosset) vous devriez penser à faire votre boulot".

Une saillie qui doit faire sourire Samuel Brosset. Ce jeune joueur, sparring partner viré samedi par la Fédération après une photo prise avec Benoit Paire la veille, s’était procuré une place annexe. Il a savouré le temps d’une mi-temps de foot. "On s’est quand même amusé, c’est le principal, lâche-t-il. Personne ne voulait partir mais on était obligés, on devait respecter les règles."

Il est vrai que le service de sécurité, sur les dents, a donné une tournure dramatique à un match qui ne demandait qu’à se dérouler dans une atmosphère de fête…

Léna Marjak