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Roland-Garros : Nadal au huitième ciel

Rafael Nadal

Rafael Nadal - -

Facile vainqueur de son compatriote David Ferrer en finale (6-3, 6-2, 6-3), Rafael Nadal a remporté ce dimanche son huitième titre à Roland-Garros. L’Espagnol devient le premier joueur de l’ère Open à s’adjuger le même tournoi du Grand Chelem à huit reprises. Historique.

Le film Un jour sans fin n’aurait pas dû se dérouler en Pennsylvanie. Si le réalisateur Harold Ramis avait attendu vingt ans de plus, son long métrage aurait trouvé sa meilleure expression du côté de la Porte d’Auteuil. Un tournoi sans fin. Acteur principal ? Rafael Nadal. Timing ? Début juin. 2005, 2006, 2007, 2008, 2010, 2011, 2012. Et maintenant, 2013. Chaque fois, la même scène. Points, jeux et sets qui s’enchaînent. Le poing rageur. Les yeux embués. Les remerciements à son adversaire nimbés d’humilité. La Coupe des Mousquetaires dans ses bras, levée vers le ciel et remise cette année par un certain Usain Bolt. Maître des lieux, l’ogre ocre de Majorque n’a pas d’équivalent à l’heure de comparer les griffes posées sur un rendez-vous majeur du circuit.

Avec son huitième sacre à Roland-Garros en… huit finales (et neuf participations), la dernière sans trembler ce dimanche après-midi face à son compatriote David Ferrer (6-3, 6-2, 6-3), Rafa devient le premier joueur de l’ère Open à s’imposer à huit reprises dans le même Grand Chelem. Historique. Irréel, presque, dans ce sport moderne où les hégémonies peuvent vite être balayées par un nouveau phénomène. Surtout quelques mois à peine après une longue blessure au genou qui avait fait craindre le pire pour la suite de sa carrière. « C’est une victoire qui signifie beaucoup pour moi car j’ai eu des moments très difficiles à supporter, a lancé Nadal à sa sortie de court. Sans ma famille, mon staff et les messages d’encouragement de mes supporters, je n’aurais pas pu être ici. Gagner huit fois ? Je n’aurais jamais pu rêver de réussir un tel exploit. Je remercie la vie pour cette opportunité. »

59e victoire à Roland-Garros, autre record

Et l’évidence d’écraser les plus têtus de ses derniers détracteurs : l’homme aux désormais douze succès en Grand Chelem est bien le meilleur joueur de l’histoire à Roland-Garros. Sur terre battue tout court, même. Autre témoin, comme une cerise sur le gâteau, ce succès face à Ferrer qui lui offre le record des victoires sur les courts de la Porte d’Auteuil (59 sur... 60 matches !). Cette finale ? Du Nadal classique, vite fait, bien fait, trois petits sets en un peu plus de deux heures pour un suspense inexistant. Pas avare d’efforts en défense, capable de superbes coups gagnants, Ferrer a tenté d’exister. Mission impossible. Trop fort, de l’autre côté du filet. Trop physique et puissant, ce jeu qui use l’adversaire comme un vieux cordage.

« Rafa mérite vraiment ce résultat, concèdera Ferrer, qui... dépassera son adversaire pour prendre le quatrième rang mondial ce lundi (ah, les joies du classement ATP). Je reviendrai l’année prochaine pour essayer d’atteindre une nouvelle fois la finale. Ce sera difficile, surtout si je dois encore jouer Rafa… » Bel hommage. Qui raconte la domination dominicale. Une mise en route façon diesel, d’abord, puis un « set sec » (6-0) à cheval sur les première et deuxième manches lancent Nadal de la meilleure des façons. La suite sera une démonstration de maîtrise et de gestion du match, avec un total de huit breaks pour un Rafa presque écœurant de facilité. Nadal peut s’écrouler sur ce sol ocre qu’il a fait sien. « Sur ce court, je ressens les émotions les plus fortes que je puisse ressentir », lance-t-il, aux anges. Le public parisien ne l’a pourtant jamais vraiment adopté. Il aurait dû. Car à Roland, le patron s’appelle Rafa. Et même si ses soucis physiques et son jeu tout en efforts pourraient lui jouer des tours à l'avenir, le garçon n'a que 27 ans... « A l’année prochaine », glisse-t-il pour finir. Direction le neuvième ciel ?

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Alexandre Herbinet