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Tournoi de Marseille: Herbert estime avoir "des armes pour embêter" Medvedev en finale

Vainqueur d’Ugo Humbert en demi-finale de l'Open 13, Pierre-Hugues Herbert, 93e mondial, convoitera dimanche son premier titre sur le circuit ATP face à Daniil Medvedev. Epanoui avec sa petite famille à ses côtés, l’Alsacien aura des arguments à présenter face au tentaculaire russe, qui sera - quoi qu’il arrive – le nouveau numéro deux mondial à l’ATP.

Au lendemain de la plus belle victoire de sa carrière, face à Stefanos Tsitsipas, numéro 5 mondial, Pierre-Hugues Herbert n’est pas descendu de son nuage. L’Alsacien, 93e mondial, a obtenu son billet pour la finale du tournoi de Marseille en dégommant 6-3, 6-2 Ugo Humbert, 31e mondial. Le gaucher messin se consolera en se disant que lundi, il sera top 30 et nouveau numéro deux français mais il ne s’attendait pas à subir autant le jeu inspiré et chatoyant de "P2H". L’Alsacien devient le quinzième tricolore différent à atteindre la finale à Marseille, l’un des tournois préférés des Bleus mais il est conscient de la tâche qui l’attend pour aller soulever son premier trophée, après trois échecs en finale. Il s’attaquera en effet à l’ogre Daniil Medvedev dimanche.

"J’ai hésité entre venir à Marseille et partir tôt à Acapulco pour jouer les qualifs, a-t-il dit. Finalement, j’ai opté pour l’indoor. Ca fait du bien de retrouver une atmosphère plus légère. Je suis en famille et c’est génial. Ce matin, Harper (NDLR : son fils) s’est réveillé à 4h40 car il avait faim mais c’est un bébé exemplaire. J’ai pu bien récupérer. Je sais que j’ai bien travaillé cet hiver. Maintenant, c’est Daniil. Il est numéro trois, bientôt numéro deux. Je l’ai battu à Roland-Garros dans une atmosphère géniale. Je sais que j’ai des armes pour l’embêter." Effectivement, Daniil Medvedev est une machine à gagner depuis plusieurs mois. Le Russe s’est imposé à Bercy, au Masters et n’a cédé qu’en finale de l’Open d’Australie face à Novak Djokovic.

Herbert va miser sur un plan tactique agressif

Avant même le début du tournoi, il savait qu’il serait le nouveau numéro 2 mondial – Rafael Nadal perdant ses points - mais s’il pouvait célébrer cet événement avec un dixième titre, il ne va pas se gêner. Il est étonnant de constater que Pierre-Hugues Herbert produit son meilleur tennis à huis clos alors qu’il recherche les émotions. Voici ce qu’il déclarait après son exploit face à Stefanos Tsitsipas: "Pour être tout à fait honnête, elle n'arrive pas à la cheville de certaines victoires comme la Coupe Davis où il y avait du public et que je pouvais partager ça sur le terrain avec du monde dans les tribunes. Par rapport au niveau de jeu, c'est un des meilleurs matchs de ma vie, mais au final, je n'ai pas pu m'empêcher d'être un peu triste de pas pouvoir partager ça avec du monde. J'aurais du mal à classer ce match là dans les plus beaux matchs de ma carrière, même si je suis hyper heureux et que j'ai eu des sensations extraordinaires sur le terrain." Ce dimanche, à partir de 14 heures, il va établir un plan tactique agressif, le seul moyen de faire disjoncter Daniil Medvedev.

Le Russe sera sur ses gardes car il reste sur une défaite choquante face à l’Alsacien. C’était il y a deux ans à Roland-Garros. Herbert avait empoché le morceau au terme d’un match d’anthologie de cinq sets devant une foule en délire. Quel contraste avec le Palais des Sports rempli en tribunes par des portraits cartonés de fans…

Eric Salliot