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Mondiaux d’athlé : Assani-Issouf, Lavillenie et Menaldo décollent vers les finales

Outre Jimmy Vicaut et Christophe Lemaitre sur 100m, la première après-midi des championnats du monde de Pékin a souri au camp tricolore ce samedi. Renaud Lavillenie et Kevin Menaldo se qualifient pour la finale de la perche, Jeanine Assani-Issouf pour celle du triple saut.

Avec un contingent privé de nombreux éléments, l’équipe de France n’aura pas foule d’occasions de briller aux Mondiaux de Pékin. Alors tout est bon à prendre. Même les qualifications en finale. Et surtout quand c’est une première. La preuve ce samedi avec Jeanine Assani-Issouf. A 23 ans (elle a fêté son anniversaire il y a cinq jours), la sociétaire du club Limoges Athlé se qualifie pour la première finale mondiale de sa carrière en réalisant à son troisième essai un saut à 14,04 mètres, neuvième meilleure performance des qualifications du triple saut féminin. Celle qui n’avait pas passé le cut des qualifs des « Europe » en salle cet hiver fera figure d’outsider qui n’aura rien à perdre parmi les 12 finalistes ce lundi (à partir de 13h30 en France).

La sixième des Mondiaux cadets 2009 devra battre son record personnel – 14,24 m le 31 mai 2015 à Forbach, en Lorraine – si elle veut espérer intégrer le top 5. Le même jour, ce lundi (à partir de 13h05), l’objectif de Renaud Lavillenie sera clair. Décrocher enfin ce titre mondial en plein air qui manque à son glorieux palmarès. Le champion olympique et recordman mondial n’a eu besoin que d’un saut à 5,70 pour se qualifier pour la finale de la perche. Comme aux championnats d’Europe l’été dernier, « Air » Lavillenie y sera accompagné par Kevin Menaldo, médaillé de bronze continental à Zurich. Ce dernier a obtenu un des 16 tickets pour la finale après avoir franchi 5,40 m (premier essai), 5,55 (deuxième), 5,65 (premier) et enfin 5,70 (deuxième). Une bonne nouvelle pour celui qui n’a pas vécu une préparation très tranquille.

Lavillenie : « Je me sens meilleur que les années précédentes »

« C’est génial, a commenté Menaldo au micro de RMC. Je reviens de trois semaines très difficiles. J’ai pris une gamelle à l’INSEP et ça faisait trois semaines que je n’arrivais plus à sauter et à piquer. J’avais un gros problème de confiance. Même lors de ma dernière séance technique, mercredi à Pékin, je n’ai pas réussi à sauter. Quand j’ai vu tous les concurrents me regarder avec de la pitié sur le stade d’échauffement, je me suis dit : ‘‘Ça ne va pas se passer comme ça, ce n’est pas possible’’. J’ai fait un gros travail avec le staff médical de l’équipe de France et je le remercie car je lui dois un peu cette qualification. C’est mon premier championnat du monde et ma première finale. Le plus dur est fait. Maintenant, il n’y a plus de limite, on va s’amuser. Je me retrouve un peu dans les mêmes circonstances qu’à Zurich. Là, c’est un championnat du monde, mais pourquoi ne pas refaire la même chose ! Tout est permis, rien n’est écrit. »

De son côté, Lavillenie affichait le discours serein d’un patron qui avait rempli son contrat sans trembler : « Passer en finale en un seul saut, c’est la première fois que ça m’arrive lors des championnats du monde. C’est une bonne chose. Ça permet de faire un bon petit plein de confiance, de prendre les bons repères, la température du sautoir, et d’éviter de se mettre la panique. L’important est assuré. Faire une qualif’ comme ça aide à rester dans une dynamique de sérénité. » Reste plus qu’à aller chercher ce titre qui lui échappe encore. « Si ça ne dépendait que de moi, je l’aurais gagné depuis longtemps, sourit Renaud. Mais il y a des adversaires et il faut être capable de dominer tout le monde le jour J. Là, je me sens meilleur que les années précédentes, plus en forme, meilleur techniquement avec la perche. Mais ça ne fait pas tout. Tant que tout le monde n’a pas dit son dernier mot, tout peut arriver. »

la rédaction avec F.-X.C. à Pékin