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F1: qui est Zhou Guanyu, le premier pilote chinois de l'histoire ?

L'arrivée du premier pilote chinois en Formule 1, Zhou Guanyu, qui prendra part à son premier Grand Prix ce week-end à Bahreïn, offre des opportunités à son équipe Alfa Romeo et au championnat, même s'il faut encore que la mayonnaise prenne.

Les enjeux autour de son arrivée dans le paddock dépassent sa propre personne. Recruté par Alfa Romeo et seul pilote de la saison 2022 à découvrir la Formule 1, Zhou Guanyu est le premier pilote chinois de l'histoire de la discipline reine du sport automobile. Avant lui, deux autres Chinois (Ho-Pin Tung et Ma Qing Hua) avaient été pilotes d'essai en F1. Ils n'avaient toutefois pas su percer pour disputer la moindre course.

Coéquipier de l'expérimenté Valtteri Bottas, Zhou (à prononcer "Djo") a récupéré le baquet de l'Italien Antonio Giovinazzi. Ancien membre de la filière l'académie Renault Sport et troisième de Formule 2 l'an dernier derrière Oscar Piastri et Robert Shwartzman, bloqués aux portes de la F1, le jeune homme de 22 ans ne manque pas de susciter les accusations de favoritisme liées à son profil. Celui-ci représente une aubaine pour son équipe, mais aussi pour le championnat. "C'est une vraie opportunité pour nous mais je pense aussi pour la F1 à terme", a affirmé Frédéric Vasseur, directeur et PDG français de l'écurie Alfa Romeo.

Zhou lui-même est conscient que sa nationalité a son importance. En Chine, "la F1 était déjà en pleine croissance ces dernières années sans que j'y sois, mais avec mon arrivée, bien sûr, c'est un énorme pas en avant", racontait-il à Barcelone. Mais le pilote préfère rappeler le parcours du combattant qu'il a entrepris depuis qu'il est parti de Chine à douze ans, avec sa famille, pour réaliser son rêve au Royaume-Uni: "C'est super difficile d'aller en Europe (...) encore enfant. Parce que la culture est tellement différente. J'ai sacrifié pas mal de choses pour devenir un meilleur pilote".

Zhou amène des partenaires chinois

Avec Zhou Guanyu, Alfa Romeo et la F1 s'ouvrent des portes. "Cela va avoir une incidence sur la visibilité de la Formule 1 en Chine, accroître son potentiel médiatique et d'audience", estime Jean-Baptiste Guégan, spécialiste en géopolitique du sport. Pour Alfa Romeo, cela donnera "plus de facilité pour médiatiser la marque, la faire connaître sur un marché chinois où elle n'est pas forcément présente, parce que ça ne représente pas le même type de luxe que Mercedes ou BMW", ajoute-t-il.

Fin février à Barcelone pour la première moitié des essais hivernaux de pré-saison, Vasseur abondait avec prudence: "Je ne m'attendais pas du jour au lendemain à voir 50 sociétés chinoises qui font la queue chez nous. On a un ou deux partenaires chinois qui arrivent. On a aussi quelques entreprises européennes qui veulent s'afficher là-bas. Ça va se faire avec le temps". Il ajoutait également que travailler avec la Chine n'était "pas toujours facile" en raison des différences culturelles. "Mais c'est certain que c'est une ouverture hyper importante sur un marché énorme".

Objectif Chine 2023

Il faut désormais que Zhou fasse ses preuves au plus haut niveau. Les résultats, à moins qu'ils soient aussi mauvais que ceux de Nikita Mazepin l'an dernier avec Haas, ne devraient pas être un problème pour lui et son écurie. "Je ne serais pas surpris de voir ses revenus exploser, estime Jean-Baptiste Guégan. Même avec un mauvais pilote, vous avez accès au marché chinois, c'est un avantage surtout commercial et marketing et je pense qu'ils l'ont pris pour ça".

La F1 devra attendre 2023 pour voir un Chinois espérer piloter dans son pays. Annulé en 2020 et 2021 pour cause de pandémie, le Grand Prix de Chine est absent du calendrier 2022 pour les mêmes raisons. Il est censé revenir l'an prochain. Pour le grand bonheur de Zhou: "J'attends vraiment de courir devant eux, l'atmosphère sera incroyable". Il n'a toutefois signé qu'une saison avec Alfa Romeo, qui garde un oeil très attentif aux performances de Théo Pourchaire.

JA avec AFP