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L’OL entre au capital de l’ASVEL, Aulas et Parker se marient

Jean-Michel Aulas, le président de l’OL, et Tony Parker, le patron de l’ASVEL, ont annoncé leur union ce samedi avec une prise de participation du club de foot dans le club de basket. Cette puissante collaboration offre de nouvelles perspectives au club de Jeep Elite, engagé en Euroleague la saison prochaine.

Vive les mariés ! C’était pressenti depuis de longues semaines, c'est officiel: comme nous vous l’expliquions le 11 mars dernier, l’OL entre au capital de l’ASVEL. Jean-Michel Aulas et Tony Parker ont annoncé ce samedi, en conférence de presse, ce nouveau mariage économique entre les places-fortes du sport rhodanien, désormais liées par le sceau des affaires pour les prochaines années.

Le club de football, coté en bourse, avait révélé son projet trois mois plus tôt. "L’Olympique Lyonnais confirme que des discussions exclusives ont été engagées avec l’ASVEL SASP, pour une prise de participation minoritaire au sein du club villeurbannais de basket-ball (…) Cette prise de participation permettrait le rapprochement de deux clubs emblématiques de la métropole lyonnaise." La période d’exclusivité prenait fin le 30 juin.

Le budget de l’ASVEL va gonfler

Fruit de la volonté de deux présidents forts du sport français, cet accord trouvé inaugure une nouvelle ère pour les clubs de football et de basket. En pratique, il induit une entrée minoritaire de l’OL dans le capital de l’ASVEL, à hauteur de 3,4 millions d’euros (25%). Le budget du pensionnaire de Jeep Elite devrait ainsi passer de 8,3 à un peu plus de 10 millions d’euros l’année prochaine, en vue des retrouvailles avec l’Euroleague. En échange, le fraichement retraité Tony Parker assistera, par son aura, l’OL à développer ses affaires à l’international, notamment en Chine mais aussi aux USA, où est à l’étude une franchise de foot féminin.

Par ailleurs, l’ASVEL féminin sera aussi aidée, avec une prise de participation de l'OL dans le capital de 300.000 euros (10%). Ce projet ne date pas d’hier dans l’esprit de Jean-Michel Aulas. L’OL était d’ailleurs déjà dans le capital de l’ASVEL à la fin des années 90. A l’époque, la cohabitation n’avait pas été si bonne que cela entre l’OL (actionnaire) et la municipalité de Villeurbanne. Au final, l’OL avait rapidement revendu ses parts. Avant donc de signer un retour en grandes pompes, vingt ans plus tard.

Sécuriser l’Euroleague

Cette annonce à l’Astroballe, effectuée sous les yeux du directeur des opérations de l’ASVEL Nicolas Batum ou Marie-Sophie Obama (la présidente déléguée de l’ASVEL), donne désormais un visage concret au médiatique duo Jean-Michel Aulas et Tony Parker. Proches depuis 2008, les deux hommes s’apprécient. Ils ne se sont jamais perdus de vue et ont intensifié les échanges au printemps, en marge du travail de leurs avocats et des réunions entre élus locaux sur le sujet. JMA a d’ailleurs toujours gardé le contact avec le repreneur de l’ASVEL en 2011, qui multiplie les investissements dans le sport et les loisirs ces dernières années.

Alors que l’ASVEL s’apprête à s’émanciper du giron villeurbannais (et de sa mairie) pour se rapprocher de la métropole lyonnaise, JMA l’a déjà assuré à l’ancien basketteur : le possible champion de France (match 4 ce samedi contre Monaco, en direct sur RMC Sport 1) ne changera pas de nom au profit du parfois évoqué "OL-basket".

La gouvernance de gestion de l’ASVEL pourrait en revanche être modifiée. Le sujet le plus brûlant sera sans doute celui de l’enceinte sportive, puisqu’il faudra désormais trouver un terrain d’entente au sujet de la salle de l’ASVEL. Enjeu principal de ce rapprochement, l’Arena, qui devait permettre à l’ASVEL de s’octroyer une licence permanente en Euroleague (qu’elle retrouvera pour deux ans la saison prochaine) a pris du plomb dans l’aile. Stoppée à cause de difficultés financières, elle pourrait prendre une nouvelle allure face à l’insistance de Jean-Michel Aulas. 

Des matchs de l’ASVEL dans la nouvelle salle de l’OL

Le dirigeant lyonnais projette de longue date de faire construire une salle multifonctions (15-16.000 personnes) à l’OL City (l’ensemble géographique qui entoure le Groupama Stadium). Coût du projet : de 60 à 100 millions d’euros pour l’OL, qui s’imagine aussi faire venir des concerts dans l’enceinte.

"Afin d’accroître ses revenus, OL Groupe compte bien poursuivre la diversification de son offre dans les années à venir. Outre l’activité football, la partie évènementielle (Events) devrait continuer à prendre du poids. Le Groupe étudie notamment un projet d’extension foncière et d’implantation d’une nouvelle salle évènementielle à proximité de son Groupama Stadium", avait annoncé le dirigeant en décembre dernier. A 70 ans, il semble proche de réussir un nouveau tour de force et ainsi augmenter davantage son influence dans la région.

S’il faut encore déposer un permis de construire, la salle ne serait livrée qu’à l’horizon 2023-2024. Mais pourrait permettre à l’ASVEL, sous réserve d’une installation pérenne en Euroleague, de disputer cinq à six matchs de la compétition dans l’écrin estampillé OL, sans pour autant quitter son emblématique Astroballe de Villeurbanne. C’est tout l’enjeu de la négociation à mener. Mais à l’heure actuelle, la salle historique des Villeurbannais n’est plus suffisante pour conserver le précieux carton d’invitation en Euroleague. Le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, promet déjà une réplique avec une conférence de presse ce samedi après-midi.

Pascal Lefebvre avec Edward Jay