RMC Sport

Cancellara, seul contre le peloton

Fabian Cancellara

Fabian Cancellara - -

Vainqueur l’an dernier du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix, Fabian Cancellara (Leopard Trek) n’a pas eu un centimètre de liberté ces deux derniers dimanches. Le Suisse, marqué de près par ses concurrents, a terminé à chaque fois sur le podium. A l’orgueil...

Qui aurait payé l’addition ? Fabian Cancellera ou Thor Hushovd et Alessandro Ballan, les principaux concernés par l’invitation à prendre un café que le Suisse était à deux doigts de leur lancer dimanche lors de Paris-Roubaix ? Comme sur le Tour des Flandres une semaine plus tôt, le Suisse avait du monde sur le porte-bagages dans l’enfer du Nord. Son exploit de 2010, avec ses succès dans les deux prestigieuses classiques cyclistes, a été la principale raison de ce marquage. Aucun des prétendants à la victoire n’a voulu prendre le risque de laisser le moindre centimètre de liberté au quadruple champion du monde du contre-la-montre. Ils avaient trop peur de ne plus le revoir…

Troisième du Tour des Flandres derrière le Belge Nick Nuyens (Saxo Bank-Sungard) et le Français Sylvain Chavanel (Quick Step), il a fini deuxième au Vélodrome de Roubaix. « Il ne pouvait pas mieux faire, estime Gilbert Duclos-Lassalle, double vainqueur de Paris-Roubaix (1992, 1993). Vous pouvez être le plus fort du monde, quand vous avez tous les favoris sur le dos, vous ne pouvez pas vous en dépêtrer. »

Des équipiers portés disparus

Partagée par l’ensemble du peloton, la tactique de l’anti-Cancellara a eu le don d’agacer le principal intéressé. « Mais il a couru à merveille, note Jacky Durand, vainqueur du Tour des Flandres en 1992. Il a fait tout ce qu’il a pu. Il a tenu jusqu’au bout à aller accrocher une place sur le podium. C’est tout à son honneur. » Sur les pavés, entre deux mouvements d’humeur, le Suisse a aussi pu penser à la campagne 2012. Il n’a pas pu en discuter avec ses coéquipiers… et c’est bien le problème.

« Cette équipe Leopard n’avait rien à voir avec la Saxo Bank, regrette Jacky Durand. Il n’avait plus personne avec lui à 70 km de l’arrivée. » Pour éviter de revivre le même scénario à l’avenir, celui où il est le plus fort mais ne peut s’exprimer faute de soutien, Fabian Cancellara devrait donc mettre la pression aux frères Schleck, à l’origine de la construction de cette équipe luxembourgeoise. Sa puissance ne s’exprimera que mieux avec un peu de renfort.

Laurent Picat avec Georges Quirino