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Madiot explique pourquoi Pinot court Paris-Nice pour la première fois

Paris-Nice s'élance ce dimanche depuis Plaisir (Yvelines) pour une course forcément impactée par les risques liés au coronavirus. C'est dans ces conditions particulières que Thibaut Pinot va prendre le départ pour la première fois de sa carrière de la "Course au soleil", auréolé de son nouveau statut auprès du public français. Invité de l'Intégrale Sport ce samedi, son manager Marc Madiot a expliqué pourquoi son leader avait toujours snobé l'épreuve jusqu'ici. Et a préféré montré des ambitions mesurées face à l'attente autour de son coureur.

C'est un peloton légèrement aminci qui s'élancera ce dimanche de Plaisir pour disputer Paris-Nice, premier rendez-vous majeur de la saison cycliste. Face aux risques liés au coronavirus, sept équipes ont préféré rester à la maison, obligeant l'organisateur à convier deux nouvelles formations ces dernières heures et autoriser un huitième coureur par équipe. Sans le tenant du titre Egan Bernal ou le numéro 1 mondial Primoz Roglic, la cote de Thibaut Pinot est montée en flèche ces dernières heures.

Invité de l'Intégrale Sport ce samedi sur RMC, Marc Madiot le manager de la formation Groupama-FDJ, veut rester mesuré. "Paris-Nice est une course particulière, c’est très spécial. On vient souvent avec beaucoup d’ambitions et on arrive à Nice avec de grandes déceptions, lâche l'expérimenté Madiot. Les choses se déroulent rarement comme on a pu les prévoir. C’est dû aux conditions de courses, la météo où parfois il y a des étapes qui sont annulées… Il y a beaucoup de transferts aussi, c’est une course fatigante et usante."

Pinot va vivre son premier Paris-Nice

Une course usante aux conditions particulières, que ne connaît pas Thibaut Pinot. Dans les pelotons depuis 2010, le Français a toujours loupé l'épreuve que l'on surnomme la "Course au soleil". “Il n’était pas un grand fan de Paris-Nice. Ce n’était pas une course qui rentrait dans ses prédispositions. Il s’était pris d’amour pour les épreuves italiennes dont Tirreno-Adriatico qui se dispute au même moment, rappelle le Mayennais. il avait trouvé ses habitudes et le parcours était davantage dans ses cordes en Italie. Il avait envie de changer, de se rapprocher du public français. Il s’est aperçu avec le dernier Tour de France qu’il était très populaire et s’est dit pourquoi pas faire une saison pleine en France. C’est ce qui est programmé."

Héros du dernier Tour de France pour le public français, Thibaut Pinot a quitté la Grande Boucle dans les larmes le 26 juillet, à 48 heures de Paris alors qu'il pouvait toujours prétendre à la victoire finale. Mais sa blessure à la cuisse guérie, le Franc-Comtois est revenu début février à la compétition avec de nouvelles ambitions. Son programme qui doit le mener jusqu'au Tour de France l'amène dès dimanche sur Paris-Nice. "L’ambition de Pinot, c’est de repartir de Nice avec le sourire", tempère Madiot. En conférence de presse ce samedi, le Français a laissé la pancarte de favori à Nairo Quintana, étincelant en ce début de saison sous ses nouvelles couleurs d'Arkéa-Samsic.

"Il y a de quoi faire une belle course" 

Mais la question qui agite le peloton ces dernières heures est de savoir si le peloton ira bien au terme de l'épreuve, à Nice dimanche 15 mars prochain. "A partir du moment où la course est lancée, ça va se dérouler de manière normale. C’est les autorités qui décideront ensuite, ne s'inquiète pas le patron de Thibaut Pinot. S’il n’y a pas de cataclysme qui s’abat, tout devrait se dérouler à peu près normalement. Il y a un beau plateau, il y a de quoi faire une belle course."

Pourtant, Marc Madiot connaît bien les risques. 12 personnes de son équipe, coureurs et membres du staff compris, sont encore confinés dans UN hôtel aux Emirats arabes unis pour la course éponyme qui a été annulée le 25 février, après des cas de coronavirus. Dont le sprinteur Arnaud Démare et David Gaudu, fidèle coéquipier de Thibaut Pinot. "Ils ont passé un troisième test vendredi, on attend un dénouement désormais. S’il est négatif, on peut espérer qu’ils rentrent très rapidement, lance Marc Madiot. Depuis deux jours, ils ont pu récupérer les vélos et des hometrainer. On essaie de les stimuler avec des défis, on leur montre aussi qu’on ne les oublie pas. Il y a 12 personnes bloquées là-bas." 

Douze personnes, qui ont pour l'heure consigne de rester en confinement jusqu'au 14 mars prochain. A des milliers de kilomètres de la France, David Gaudu et les autres supporteront Thibaut Pinot et ses coéquipiers, qui prendront le départ d'un Paris-Nice aussi menacé par les risques liés au coronavirus, qui a déjà eu raison ces dernières heures des courses italiennes printanières. 

Guillaume Lepère