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Sur les pavés, la chute

La tranchée de Wallers-Arenberg

La tranchée de Wallers-Arenberg - -

Aussi nombreux que périlleux, les fameux secteurs pavés de Paris-Roubaix devraient à nouveau provoquer leur lot de chutes lors de la 111e édition de la reine des classiques, dimanche.

« L’Enfer du Nord ». Le surnom du Paris-Roubaix plante le décor. Des secteurs pavés étroits, bordés de spectateurs et des conditions climatiques souvent difficiles, qui ajoutent au folklore et surtout à la difficulté de l’épreuve. Au menu de cette 111e édition, trois secteurs classés cinq étoiles (7,5km au total), soit le niveau le plus difficile, dont la célèbre tranchée de Wallers-Arenberg (2,4km), que redoutent les coureurs les plus confirmés. Et pour cause, ces passages sont souvent le théâtre d’impressionnantes chutes.

Celle de Johan Museeuw en 1998 reste ainsi gravée dans les mémoires. Une semaine après sa troisième victoire au Tour des Flandres, le coureur belge tombe violemment et se fracture la rotule. « Le Lion des Flandres », alors âgé de 32 ans, contracte un virus et échappe à l’amputation. Lieu du drame : la tranchée de Wallers-Arenberg.

Madiot : « Pas plus de blessés qu’ailleurs »

En 2001, Philippe Gaumont, alors coureur chez Cofidis, se retrouve également au sol dans la même portion. « Lorsque je tombe, les conditions climatiques sont extrêmes, les pavés sont recouverts de boue, c’est très glissant. J’ai un moment de panique, plus de traction sur les pédales et je chute. Ce sont de très mauvais souvenirs. On peut perdre le Paris-Roubaix dans la tranchée d’Arenberg », avance Gaumont. Des traumatismes pas au goût de tous les coureurs. Certains d’entre eux, comme le grand espoir français Pierre Rolland (sacré ce vendredi sur le Circuit de la Sarthe), préfèrent s’abstenir.

Une décision que Marc Madiot, le manager de la FDJ ne comprend pas : « Certains coureurs font l’impasse parce qu’ils n’ont pas forcément le gabarit adapté à l’épreuve ou bien certains ont des appréhensions, des idées préconçus et trouvent toutes les bonnes excuses possibles pour ne pas venir, soupire le double vainqueur de l’épreuve (1985 et 1991). Les pavés étaient moins bien entretenus avant. Certes, il y a des chutes mais souvent les coureurs remontent très rapidement sur leur vélo. Les chutes peuvent être parfois spectaculaires à l’écran mais quand on fait le bilan, il n’y a pas plus de coureurs blessés que sur une autre épreuve ». Ce dimanche, Météo France prévoit un vent faible et un temps sec sur le Nord-Pas-de-Calais. De là à rassurer le peloton…

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Jérémy Bilinski (avec JBo)