RMC Sport

Tour de France: "Je voulais dédier cette victoire à mon père", la victoire spéciale d'Alaphilippe

Après son succès d'étape à Nice ce dimanche, le 5e de sa carrière sur les routes du Tour de France, Julian Alaphilippe portera à nouveau le maillot jaune lundi pour la 3e étape. Mais surtout, au-delà de l'exploit sportif, le Français a voulu rendre un hommage à son père disparu en juin dernier. De quoi donner une dimension plus que symbolique à ce triomphe.

L'émotion était vive ce dimanche pour Julian Alaphilippe. Déjà porteur du maillot jaune à 14 reprises l'an passé, le Français a renoué avec la tunique de leader du Tour de France en s'imposant au terme d'un sprint à 3 dans les rues de Nice, après avoir réussi à s'extirper à 13 kilomètres de la ligne dans le Col des Quatre Chemins.

Pour l'homme de 28 ans qui a signé son cinquième succès d'étape sur la Grande Boucle, la victoire a forcément une saveur particulière, qui intervient après des mois difficiles sur le plan personnel. 

"Je voulais juste dédier cette victoire à mon papa"

"C’est pour toi Papa. Tu me manques tellement", a tweeté Julian Alaphilippe dimanche soir pour célébrer sa victoire. En passant la ligne, le coureur de 28 ans avait levé un doigt au ciel pour rendre hommage à Jo, son père disparu en juin dernier d'une longue maladie.

Après la ligne, le puncheur ne pouvait d'ailleurs retenir ces larmes. Comme à Epernay, où l'aventure en jaune avait commencé l'an passé. Mais cette fois, l'exploit sportif a cédé le pas sur l'émotion personnelle d'un fils ayant perdu son père. "Je n’ai pas gagné une course depuis le début de la saison, j’ai toujours travaillé dur, a rappelé Alaphilippe quelques minutes après sa victoire. Je suis resté sérieux, je voulais juste dédier cette victoire à mon papa."

"Cela n'a rien à voir avec l'année dernière" 

Numéro 1 mondial pendant une bonne partie de la saison 2019, Julian Alaphilippe s'était transformé en glouton, avalant 12 victoires au cours de l'année. Son début de saison 2020 a été plus poussif, avant que le confinement ne vienne freiner ses ambitions. Deuxième de Milan San Remo ou troisième du championnat de France depuis la reprise en août, Alaphilippe tournait autour. "Ça n’a rien à voir avec l’année dernière mais ça reste le maillot jaune, c’est prestigieux, a confié Alaphilippe. C’est mythique, je n’ai même pas les mots. Je me suis fait tellement mal pour aller chercher cette victoire". Il faut dire que Julian Alaphilippe n'avait plus gagné depuis le 19 juillet 2019 et son contre la montre époustouflant à Pau sur les routes du Tour de France, déjà en jaune.

Désormais, comme en 2019, c'est toute une équipe Deceuninck Quick-Step qui s'apprête à défendre le maillot jaune de son leader. "Je voulais remercier mon équipe qui a assumé, on a vraiment durci le final, a déjà remercié Alaphilippe. Ce sera que du bonus, je n’aurais pas imaginé remporter le maillot jaune. On est à la deuxième étape et je l’ai déjà". Une équipe qui ne paraît pas la mieux armée en montagne mais qui voudra se dépasser aussi dans le sillage de son leader. "J'ai regardé les 500 derniers mètres sur le smartphone d'un spectateur. Incroyable, c'est comme si j'avais gagné moi-même !", s'est félicité Dries Devenyns encore, fidèle lieutenant du Français et déjà présent l'an passé. 

Avec cinq victoires d'étape depuis 2018, aucun autre coureur n'a fait mieux que Julian Alaphilippe sur cette période. Mais ce coup double réussi à Nice, restera forcément gravé longtemps dans sa mémoire, notamment pour un hommage sur le vélo à son père. 

Guillaume Lepère avec Arnaud Souque