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Tour de France (10e étape) – Pinot, Bardet, Péraud : la faillite des outsiders français

Thibaut Pinot a encore vécu une sale journée pour la première étape des Pyrénées

Thibaut Pinot a encore vécu une sale journée pour la première étape des Pyrénées - AFP

Décrochés assez tôt dans le col de Soudet et incapables de suivre les meilleurs, les trois outsiders annoncés du clan français – Thibaut Pinot, Romain Bardet, Jean-Christophe Péraud, tous dans le top 6 du Tour 2014 – ont hypothéqué ce mardi leurs chances de briller au général. Etat des lieux.

A Utrecht, au départ du Tour, on en faisait trois des outsiders. De parfaits empêcheurs de tourner en rond pour les « Quatre Fantastiques ». Dix jours plus tard, le seul « Fantastique » s’appelle Chris Froome et nos trois amis n’empêchent plus personne de faire quoi que ce soit. Pas au mieux en première semaine, Thibaut Pinot, Romain Bardet et Jean-Christophe Péraud attendaient la haute montagne avec impatience pour se réveiller. Raté. Ils ont sombré dès les premières rampes des Pyrénées. « Les Français n’ont pas été à la hauteur du tout, juge Cyrille Guimard, membre de la Dream Team RMC Sport. Ce n’est pas une surprise, j’avais déjà émis certaines réserves sur leurs capacités et aujourd’hui le verdict est tombé. Il est sans appel pour Bardet, Pinot ou Péraud. »

A voir la FDJ apporter son écot au travail derrière l’échappée du jour, on avait pourtant espéré un Pinot en grande forme. Il fallait plutôt sans doute y déceler un énième coup fourré de Marc Madiot, spécialiste pour enquiquiner ses anciens coureurs (Pierrick Fédrigo dans ce cas) autant que possible. Car derrière, Thibaut a vite craqué. Décroché dès les premiers kilomètres du col de Soudet, premier hors catégorie de la Grande Boucle 2015, le Franc-Comtois a fait dans le grand écart avec une 49e place de l’étape à 10’03’’ du stupéfiant Chris Froome.

Gallopin et Barguil résistent, Rolland pointe le bout de son nez

Au général, le troisième du Tour 2014 pointe au 27e rang à 18’18’’ du Britannique. « Je suis pressé d’arriver dans les Pyrénées », lâchait le garçon il y a deux jours. Vu sa performance, on ne voit pas très bien pourquoi. Au moins, plus rien ne l’empêche de chasser la belle étape. Voire au maillot à pois si les circonstances veulent sourire.

Deux objectifs qui pourraient également nourrir l’horizon de Romain Bardet. Décroché encore plus vite que Pinot, le coureur de l’équipe AG2R La Mondiale a un tout petit peu mieux limité la casse : 44e de l’étape à 8’50’’ pour une 22e place au général à 13’38’’. « On va trouver un terrain davantage à notre convenance dans les Pyrénées », expliquait-il dimanche soir. La douche est froide. Elle l’est un peu moins pour son leader désigné, Jean-Christophe Péraud, 25e de l’étape à 5’38’’ et relégué à 9’18’’ au général (14e). Mais comment imaginer le deuxième du Tour 2014 espérer retrouver un top 3, voire mieux, après une journée où on ne l’a pas senti capable de suivre le rythme des meilleurs ?

Gallopin devant Van Garderen et Contador !

Pour trouver un sourire tricolore en ce 14 juillet de fête nationale, il faut se tourner vers des coureurs moins attendus avant le départ. Alors qu’on l’imaginait perdre du terrain en haute montagne, Tony Gallopin prend la neuvième place de l’étape – juste devant Van Garderen et Contador ! – et monte à la septième (à 4’33’’) au général. Jusqu’où le coureur Lotto-Soudal peut-il tenir ? « Il ne restera pas là très longtemps », estime Guimard. Il y a aussi Warren Barguil. Après une chute qui a fait craindre le pire en début d’étape, le Breton s’est accroché avant de décrocher bien après Bardet et Pinot. Sa quinzième place du jour le place à la neuvième du général, toujours placé pour un top 10.

Et si Pierre Rolland surprenait, finalement ? Toujours à l’aise en montagne, le coureur de l’équipe Europcar remonte juste derrière Bardet au général (où Alexis Vuillermoz remonte à une intéressante 20e place) grâce à sa huitième place dans cette 10e étape. Avec beaucoup de cols et aucun chrono jusqu’à Paris, Rolland va trouver un terrain de jeu pour s’exprimer. Au moins, il ne pourra pas décevoir. L’avantage des gens qu’on n’attendait pas. N’est-ce pas, messieurs Pinot et Bardet ?

Alexandre Herbinet