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Tour de France (10e étape) – La stupéfiante démonstration de Chris Froome

Chris Froome vainqueur au sommet du col de Soudet

Chris Froome vainqueur au sommet du col de Soudet - AFP

Vainqueur ce mardi au sommet du col de Soudet, Chris Froome n’a pas seulement remporté la première étape des Pyrénées. Entouré d’une équipe insultante de facilité, le Britannique a tout simplement écrasé le Tour. A la façon d’un septuple vainqueur privé de ses succès pour dopage…

On ne voulait plus utiliser son nom comme référence. Mais comment faire autrement ? Chris Froome a écrasé le Tour de France à La Pierre-Saint-Martin. Le Britannique a broyé ses adversaires et flingué le suspense. On doit rajouter une mention terrible : « à la Lance Armstrong »… Comment ne pas évoquer le parallèle ? Une équipe façon train lancé à grande vitesse, la Sky, qui fait craquer un à un tous les adversaires alors qu’ils sont encore trois à rouler devant. Un leader sans pitié, qui attaque seul d'un démarrage explosif à la fréquence de pédalage dingue et fait exploser tout le monde dès la première arrivée sur un sommet de haute montagne.

La formule a fait son œuvre dans les années sombres. Elle continue de faire mouche à l’heure d’un cyclisme censé avoir viré ses brebis galeuses et retrouvé ses plus belles vertus. Quitte à faire grincer un paquet de dents ce mardi soir…On ne va pas se le cacher, un goût rance traverse la bouche des suiveurs. On veut y croire. On n’a aucune raison (et encore moins de preuve) de ne pas le faire. Alors il faut se rendre à l’évidence. Nous sommes face à un génie cycliste. Un champion d’exception au moteur inégalé. Trop vite, trop fort, ce « Froomey ». A l’arrivée, le verdict du chrono déchire les dernières illusions.

Quand Porte dépose Quintana

Nairo Quintana ? Le moins « à la rue ». Mais quelle claque tout de même : 1’04’’ de retard sur cette seule ascension finale pour celui qu'on présentait comme le meilleur grimpeur du plateau. Les autres sont pulvérisés. Tejay van Garderen ? 2’30’’ dans la musette. Alberto Contador ? 2’51’’. Le tenant du titre Vincenzo Nibali ? 4’25’’ (!). Restons charitable et ne citons pas le débours du jour pour Thibaut Pinot et Romain Bardet, lâchés dès les premiers kilomètres dans le Soudet.

Un sommet en haut duquel l’Australien Richie Porte (2e) posera la cerise sur le gâteau des Sky en déposant Quintana pour empêcher le Colombien de grappiller deux secondes supplémentaires au jeu des bonifications. Ce mercredi matin, au départ de Pau, le maillot jaune possède près de trois minutes d’avance sur son premier poursuivant. Avec encore deux étapes dans les Pyrénées et tout le passage alpestre, jusqu’où montera l’écart final ? On n’en sait rien mais on a désormais deux certitudes. Des quatre favoris, un seul était vraiment « fantastique ». Stupéfiant, même. Voire irréel. Il y a bien Chris Froome et les autres. Et sauf accident, il a déjà gagné le Tour 2015.

Alexandre Herbinet