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Tour de France: Hinault ne croit pas aux chances de victoire des Français

Invité de France Info ce vendredi, Bernard Hinault a confié ses craintes de voir le clan tricolore passer à côté d’un nouveau Tour de France. A la veille du départ à Brest ce samedi, le dernier Français vainqueur de la Grande Boucle a jugé les chances de ses compatriotes.

Un peu à l’image de Yannick Noah, dernier français titré dans un Grand Chelem en tennis, Bernard Hinault attend toujours un héritier le Tour de France. Trente-six ans après sa dernière victoire, le Blaireau ne voit pas quel coureur tricolore pourrait lui succéder pour la Grande Boucle qui s’élancera de Brest ce samedi et jusqu’au dimanche 18 juillet.

"Oui, on peut me poser la question, mais cela ne sera pas cette année, a tranché net le quintuple vainqueur de l’épreuve au micro de France Info. Ou alors, cela serait vraiment une erreur de la part des autres. Quand on voit les coureurs qui sont en face des coureurs français, les Geraint Thomas, Pogacar, Roglic ou Carapaz. Il y en a beaucoup trop par rapport à nous."

La France n’a pas son Evenepoel

Pour expliquer cette faillite des cyclistes français, Bernard Hinault pointe plusieurs raisons, comme les méthodes d’entraînement. Surtout, la France n’a pas d’immense champion en devenir, contrairement à la Belgique et son phénomène Remco Evenepoel.

"Est-ce que ce sont les méthodes d’entraînement, est-ce que c’est… je n’en sais rien du tout, s’interroge le Breton de 66 ans. Ou alors on n’a pas le champion avec les aptitudes physiques extraordinaires qui font que l’on est numéro 1. Comme on peut l’avoir actuellement en Belgique avec un jeune coureur qui s’appelle Remco Evenepoel et qui à 18 ans courait déjà dans la cour des grands et gagnait. En France, on n’a pas ce jeune coureur de 18 ans capable de faire de beaux numéros dans le circuit professionnel."

Alaphilippe voudra "s’amuser et gagner des étapes"

Champion du monde en titre, Julian Alaphilippe portera le maillot arc-en-ciel sur le Tour. Mais plutôt que de viser la victoire au classement général, le coureur de l’équipe Deceuninck-Quick Step cherchera à se montrer. Et pourquoi pas troquer sa tunique de champion du monde pour le maillot jaune pendant quelques jours. Voilà le pronostic de Bernard Hinault, qui ne le croit pas apte à viser plus haut en raison de ses qualités de grimpeur moins développées que ses rivaux.

"Il le sait très bien. Lui son but, c’est peut-être de prendre le maillot (jaune), de s’amuser et de gagner des étapes, a encore analysé le Blaireau. C’est ce qui fait qu’il va réussir à le faire. […] On verra à l’arrivée. Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Je lui souhaite de le gagner, cela me ferait énormément plaisir."

Idem pour David Gaudu, vainqueur de deux étapes sur la Vuelta en 2020, que les deux chronos au programme empêcheront de viser le podium sur les Champs-Elyseées: "Le problème c’est le contre-la-montre et il n’est pas dominateur en montagne, a conclu Bernard Hinault. Il faudrait qu’il puisse avoir quatre ou cinq minutes d’avance en montagne pour pouvoir dire qu’il va gagner le Tour. Et il ne le fera pas."

Sauf miracle, donc, il faudra encore attendre pour voir un Français succéder à Bernard Hinault sur le Tour de France.

JGL