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Tour de France: trois coureurs enquêtent sur des vélos bruyants et une boisson mystérieuse

Selon le quotidien suisse Le Temps, trois coureurs du peloton du Tour de France cherchent à comprendre l'origine de bruits suspects émanant de roues de certains vélos et la nature de certaines boissons consommées en cachette.

Le lourd climat de la suspicion règne de nouveau sur le Tour de France 2021. Les performances écrasantes de Tadej Pogacar, le rythme effréné du peloton et la perquisition dans l’hôtel Bahrain Victorious mercredi soir interpellent les suiveurs et les spectateurs. Mais aussi certains coureurs présents sur ce Tour de France. Selon le journal suisse Le Temps, trois d’entre eux mènent leur propre enquête auprès de leurs pairs pour tenter d’éclaircir quelques secrets.

"Un bruit étrange" dans les roues arrières

Sous couvert d’anonymat, ils confient avoir remarqué "un bruit étrange" provenant des vélos de quatre équipes bien précises: Team UAE-Emirates du maillot jaune Tadej Pogacar, Deceuninck-Quick-Step de Mark Cavendish (maillot vert) et Julian Alaphilippe, Jumbo-Visma de Jonas Vingegaard (actuel 2e du général) et Team Bahrain Victorious, leader du classement par équipes.

"Ça provient des roues arrière, confie l'un d'eux. Un bruit métallique étrange, comme une chaîne mal réglée. Je n'ai jamais entendu ça nulle part." Un autre embraie. "On ne parle plus d'un moteur dans le pédalier ni d'un système d'électroaimant dans les jantes des roues, mais d'un appareil caché dans le moyeu, détaille-t-il. On parle aussi d'un récupérateur d'énergie via les freins. L'inertie est stockée comme en Formule 1."

Lors de leur perquisition mercredi chez Bahrain, les enquêteurs ont saisi des fichiers d'entraînement mais aussi les enregistrements de puissance des coureurs. Selon un journaliste du site Cycling Pro, l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Marseille pourrait faire suite aux témoignages de coureurs ayant remarqué "une anomalie mécanique au niveau des roues".

Cette équipe qui se cache pour se désaltérer

Ce n’est pas le seul mystère régnant sur cette édition de la Grande Boucle. L’attitude des coureurs d’une équipe (dont le nom n’est pas cité) se cachant pour se désaltérer en fin d’étape éveille quelques soupçons. L’un des coureurs-enquêteurs confie avoir interrogé un de ses pairs évoluant dans cette formation pour lui demander le contenu de la mixture. "Il m'a dit qu'il ne savait pas ce qu'il buvait mais que je n'étais pas le premier à lui poser la question", confie-t-il au Temps.

Dans une interview accordée au Monde, ce vendredi, Christophe Bassons, ancien coureur professionnel surnommé "Monsieur Propre" pour son combat contre le dopage, s’est livré sur cette double suspicion planant au-dessus du peloton en se gardant de se livrer à des accusations. "Il y a une énorme médicalisation du peloton, qui permet de rouler à une telle vitesse, explique-t-il. Cela procure une bonne récupération, qui permet de prendre le départ chaque jour à quasiment 100 %, mais aussi de faire fonctionner le corps à 110%-120%… On est capable de faire tout cela sans pour autant rentrer dans le dopage."

"Cela étant, il y a des choses qui peuvent étonner: les puissances, l’encadrement de certains coureurs, le fait d’accumuler les prouesses de jour en jour ou le fait d’être multiterrain… C’est sûr que cela met le doute, mais peut-on dire que c’est dû à un dopage? Une aide technologique? Aujourd’hui, tu n’as théoriquement pas le droit de faire ce qui est interdit, mais finalement tout ce qui ne l’est pas est de fait autorisé."

NC