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Cancellara était trop fort

Le Suisse soulève son deuxième pavé dans le Vélodrome de Roubaix.

Le Suisse soulève son deuxième pavé dans le Vélodrome de Roubaix. - -

Déjà vainqueur en 2006, Fabian Cancellara a ajouté un nouveau Paris-Roubaix à son palmarès. Le Suisse s’est imposé en solitaire après une échappée de près de 50 km. Impressionnant…

Le match tant attendu n’a finalement pas eu lieu. Déjà vainqueur du Tour des Flandres la semaine dernière, Fabian Cancellara n’a laissé aucune chance à ses rivaux, et notamment à son challenger numéro 1, Tom Boonen. Le Suisse s’est même offert le luxe d’entrer en solitaire dans le Vélodrome de Roubaix, repoussant Thor Hushovd (Cervélo) et Juan Antonio Flecha (Sky) à deux minutes. Quant au Belge, double tenant du titre, vainqueur de trois éditions et qui postulait à sa propre succession, il franchit la ligne en cinquième position, à 3’14’’ de son rival.

S’il avait voulu faire aussi bien que Roger De Vlaeminck et ses quatre titres, le Belge aurait dû faire preuve de plus de vigilance et ne pas laisser filer Cancellara à cinquante kilomètres de l’arrivée. Une erreur de débutant, avanceront même certains. Englué au milieu du groupe de tête composé d’une trentaine de coureurs, Boonen ne réalise pas tout de suite son erreur. Et quand l’homme de Quick Step aperçoit au loin le maillot rouge de champion de Suisse de son adversaire, il est déjà trop tard. « On sait qu’il est dans la forme de sa vie, mais la manière dont il a attaqué est inhabituelle, lâchera en pleine course le manager général de Quick Step, Patrick Lefévère. Il a déjà gagné moralement. On voit que derrière, ils ont abandonné. »

Guimard : « Il atteint son apogée »

Le groupe de poursuivants a pourtant fière allure. Filippo Pozzato, Thor Hushovd, Juan Antonio Flecha épaulent notamment Boonen. Mais aucun ne prend sa roue quand ce dernier se lance dans une incroyable poursuite. Partagés entre résignation et volonté de ne pas aider un concurrent direct, ils laissent partir un Cancellara trop heureux de creuser un écart qui s’élève rapidement à une trentaine de secondes avant de plafonner à trois minutes. Pas de quoi lui faire lever le pied, lui qui pense sans doute aux 5’27’’ qui sépareront Eddy Merckx de Roger De Vlaeminck en 1970, record moderne de l’épreuve.

Déjà vainqueur cette année du Tour d’Oman, du GPE3 à Harelbeke et du Tour des Flandres, l’homme de la Saxo Bank devient le premier non-Belge à réaliser le doublé Flandres-Roubaix depuis son compatriote suisse Heiri Suter en 1923. Et récemment, seul Tom Boonen avait réussi pareille performance. C’était en 2005. « A 29 ans, il atteint son apogée, assure Cyrille Guimard, l’ancien mentor de Bernard Hinault. Si j’étais à la place de son directeur sportif, je penserais aussi à Liège-Bastogne (ndlr, il a annoncé ne pas vouloir y prendre part cette année). Compte tenu la manière dont il passe les grands cols, et vu sa puissance et sa classe, il peut tenter le coup dans le futur. » Le règne de Cancellara commence-t-il à peine ?

P.Ta.