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La guerre des coqs n’aura pas lieu

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Après les 2e et 4e places de Sylvain Chavanel et Tom Boonen sur le Tour des Flandres, QuickStep rêve maintenant de s’imposer sur le Paris-Roubaix dimanche. A condition de maîtriser la cohabitation entre les deux stars et choisir le meilleur atout pour la victoire finale.

Pas la peine de chercher la moindre animosité entre Sylvain Chavanel et Tom Boonen. Alors que certains s’interrogent encore sur les motivations du Belge, parti en poursuite derrière son coéquipier sur le dernier Tour des Flandres, les rapports entre les deux hommes ne se sont pas altérés. Les deux coureurs s’appréciaient avant la course, c’est encore le cas après le Ronde. Sans doute parce que Chavanel est bien trop respectueux des règles dictées par sa formation pour élever le ton.

C’est plutôt la stratégie de l’équipe qui est pointée du doigt. Pourquoi protéger Boonen alors que le Français semblait être dans de bien meilleures dispositions ? Deux raisons à cela : l’importance du Tour des Flandres pour un Flamand, mais aussi la relative discrétion de Chavanel auprès de sa direction. « A-t-il suffisamment dit qu’il était en forme », se demande notre confrère Philippe Van Holl de la Dernière Heure. Mais c’est peut-être dimanche que le Poitevin a gagné ses galons de capitaine de route pour Paris-Roubaix.

Lefévère : « Il faut boire la soupe quand elle est chaude »

Même si Patrick Lefévère semble toujours avancer la carte Boonen, celle de l’ancien coureur de Cofidis est remontée en flèche. « Il faut boire la soupe quand elle est chaude », a ainsi commenté le patron de l’équipe belge en voyant les performances exceptionnelles de Chavanel. Un choix qui s’impose, d’autant qu’il n’est pas facile de faire cohabiter deux patrons. « C’est rare qu’il y ait deux leaders au même niveau, note Alain Gallopin, directeur sportif de Lance Armstrong et Alberto Contador sur le Tour de France 2009. On avait deux leaders au départ, mais la direction sportive savait bien qu’on avait un grand favori et ce grand favori c’était Alberto. »

Il se murmure également que QuickStep doute actuellement de la forme de Boonen. Sans doute une explication à la participation à Paris-Roubaix de Sylvain Chavanel, un temps incertain pour la reine des classiques. « La tactique pourrait être très différente », poursuit Philippe Van Holl. Quant au principal intéressé, il continue à vanter sa collaboration avec le triple vainqueur de l’épreuve. Alain Gallopin, qui est rentré avec le même avion de Milan-San Remo rapporte une discussion qu’il a eue avec Chavanel. : « Il est le plus heureux des hommes dans cette équipe. Il m’a dit : ''Ça me plaît et les rapports que j’ai avec Boonen sont excellents''. » Pourvu que ça dure…

P.Ta.