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Le jardin pavé de Deloeil

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La maison du directeur sportif de Cofidis donne sur un secteur pavé qui n’avait plus été utilisé par le Paris-Roubaix depuis 2005. Mais grâce à lui, il sera réhabilité cette année. Reportage.

Il y a bien quelques pâquerettes ici et là et deux ou trois mauvaises herbes dans les plates-bandes. Mais globalement, le jardin d’Alain Deloeil est du genre « entretenu ». Au centre de la pelouse fraîchement tondue, sous le soleil du Nord, un arbre touffu offre une ombre salvatrice. On aurait presque envie d’y piquer un petit roupillon… Sauf que ce jardin surplombe « l’enfer ». Celui de Paris-Roubaix. « A nos pieds, c’est vraiment l’enfer du Nord », glisse le directeur sportif de Cofidis en débroussaillant une haie. En contrebas, une route étroite et pavée. « Ces pavés sont secs, ils annoncent la poussière. Tout le monde n’en sortira pas en bon état. »

Et pour cause, le secteur 21 de ce Paris-Roubaix, entre Aulnoy-lez-Valenciennes et Famars est l’un des plus longs (2600 mètres) et l’un des plus cassants du parcours. Un faux plat terrible qui n’avait plus été utilisé depuis 2005, au grand dam d’Alain Deloeil. « Il me tenait à cœur de faire repasser Paris-Roubaix sur ce secteur », explique-t-il. Avec l’aide de la municipalité, il réussit à convaincre ASO, l’organisateur de l’épreuve. « On a trouvé une solution en aménageant un peu le parcours, explique Jean-François Pescheux, directeur des compétitions chez ASO. Paris-Roubaix, c’est un peu difficile. On a 250 kilomètres de course et il faut trouver 50 kilomètres de pavé. On ne peut pas faire plaisir à tout le monde. »

A voir le sourire de Maryse, la voisine, membre du fan-club Cofidis, Jean-François Pescheux a déjà fait une heureuse. Elle a déjà prévu de peindre le pavé sur la parcelle et d’installer des banderoles au bord de la route. Elle distribuera aussi des gadgets aux spectateurs, avant de se projeter, déjà, vers l’an prochain. Alain Deloeil, lui, pourra retourner à sa terre. « Je n’ai pas le temps du tout de faire du jardinage alors que j’adore ça. Après Paris-Roubaix, j’aurai un peu plus de temps pour ça. »