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Liège-Bastogne-Liège : Alaphilippe, que lui manque-t-il ?

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Deuxième de la Flèche Wallonne pour la deuxième année d’affilée, mercredi, Julian Alaphilippe (Etixx-Quick Step) semble taillé pour inscrire son nom au palmarès d’une classique ardennaise. Mais qu’est-ce qui l’en empêche encore ? Eléments de réponse avant Liège-Bastogne-Liège, ce dimanche.

Il se garderait bien de devenir l’héritier de l’éternel second Raymond Poulidor. Julian Alaphilippe (Etixx-Quick Step), battu mercredi sur la Flèche Wallonne par l’Espagnol Alejandro Valverde, dans un remake identique à l’année précédente, semble se rapprocher de course en course d’un succès sur une classique ardennaise. A 23 ans, le coureur français est déjà à la lutte avec les meilleurs dans ces rendez-vous mythiques. Et il ne cache pas son envie de mettre en tête de son jeune palmarès une victoire sur la doyenne Liège-Bastogne-Liège, née en 1892.

L’apprentissage de la patience

La nouvelle pépite du cyclisme français, également sixième de l’Amstel Gold Race cette année, prend pourtant tant bien que mal son mal en patience. « Je suis pressé d’être au départ, de l’accrocher, explique-t-il avant la course de dimanche. Ça mettra le temps qu’il faudra. J’espère y arriver un jour. C’est une course où je suis très content d’être au départ. Je ne suis pas très patient, mais j’apprends à l’être, il le faut. On n’a rien sans rien. Je sais que ce n’est pas en précipitant les choses que ça va me sourire. Donc je fais tout pour que ça marche et ne pas avoir de regret. » Une vision assez lucide de ses « échecs », même si on ne l’attendait pas aussi régulièrement à pareille fête sur les plus grandes classiques ardennaises.

Le déficit d’expérience

Julian Alaphilippe n’est pourtant pas très loin du compte, à l’image de ses deux podiums sur la Flèche Wallonne. Et il en a conscience : « Il me manque sûrement encore de la force, de l’expérience. L’année dernière, il m’a manqué de la confiance mais c’était de la découverte pour moi, donc je ne peux pas dire qu’il m’a vraiment manqué quelque chose. C’était une surprise et quelque chose d’incroyable pour moi de terminer sur le podium. Je suis encore très modeste pour dire que j’arrive en favori sur ces courses-là. C’est quand même ma deuxième participation, je tombe à chaque fois sur des coureurs qui ont de l’expérience et qui ont déjà couru à de nombreuses reprises cette course. Donc je n’ai pas à rougir et je dois continuer de travailler pour confirmer tout ça. »

Un statut de favori à assumer

A l’image de son équipe belge, Etixx-Quick Step, spécialiste des classiques mais qui a pour l’instant loupé le coche à Milan-San Remo, au Tour des Flandres, à Paris-Roubaix et donc à la Flèche Wallonne, Julian Alaphilippe n’a pourtant pas dit son dernier mot. Il aimerait bien s’inspirer de son compatriote Arnaud Démare (Française des Jeux), vainqueur de la Primavera. Il sera en tout cas l’un des favoris de la 102e édition de Liège-Bastogne-Liège, dimanche, avec son bourreau de la Flèche Wallonne, Alejandro Valverde (Movistar), tenant du titre et triple vainqueur de l’épreuve (2006, 2008, 2015) et son coéquipier irlandais Dan Martin, vainqueur en 2013.

Le poids de l’histoire

Une étiquette de prétendant au titre qui ne l’effraie visiblement pas, comme il le confiait au sortir de la Flèche Wallonne, mercredi : « Il faut être confiant. J’ai fait tout mon possible pour arriver sur ces classiques avec une grande condition. On a une équipe très forte. On a l’ambition de remporter une de ces classiques. On est capable de le faire. On verra dimanche, ce sera une autre course. » Une victoire pour lui à Liège serait en tout cas doublement exceptionnelle, puisque le dernier Français à avoir remporté la doyenne des classiques n’est autre que Bernard Hinault, vainqueur en 1980 !

la rédaction avec GQ