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Ne pas perdre le Nord

Le Belge, vainqueur l'année dernière et en 2008, tentera d'ajouter un nouveau pavé à sa collection.

Le Belge, vainqueur l'année dernière et en 2008, tentera d'ajouter un nouveau pavé à sa collection. - -

Cancellara et Boonen en première ligne, des Français plein d’envie… Les enjeux de cette 108e édition de Paris-Roubaix ne manquent pas.

Qui peut arrêter Cancellara ?
Et si 2010 était l’année de Tom Boonen ? « Je me demande plutôt si ce n’est pas l’année de Fabian Cancellara. Qui peut l’inquiéter sur les pavés de Roubaix... » En fin observateur du peloton, l’ancien mentor de Bernard Hinault, Cyrille Guimard, ne doute pas un seul instant de la victoire du Suisse. « Je suis fort et à 100%. C’est le plus important, explique le principal intéressé. J’ai réussi mon objectif de l’année en m’imposant sur le Tour des Flandres. Je suis relax pour cette deuxième course. » Vainqueur en 2006, le coureur de la Saxo Bank peut en outre s’appuyer sur le récent vainqueur de la semi-classique A travers la Flandre, Matti Breschel, et sur le vainqueur de Roubaix de 2007, Stuart O’Grady. Autant d’adversaires potentiels à surveiller de près.

Boonen a-t-il digéré le Tour des Flandres ?
Tom Boonen l’assure : il a « oublié » l’incroyable démarrage de Fabian Cancellara dans le mur de Grammont, dimanche dernier. Deuxième du Tour des Flandres, le Belge arrive désormais sur SA course. Vainqueur en 2005, 2008 et 2009, le coureur de Quick Step possède une formidable chance d’égaler deux records : celui du nombre de victoires de Roger De Vlaeminck (1972, 1974, 1975 et 1977), ainsi que celui du nombre de succès consécutifs d’Octave Lapize (1909, 1910 et 1911) et Francesco Moser (1978, 1979 et 1980). « Je sais que je peux gagner une quatrième fois ici, tranche le Belge, qui dit s’avancer sans pression. Et puis, j’ai déjà réussi à mettre Cancellara derrière moi (ndlr, 2e en 2008), alors pourquoi pas cette année ? »

Les Français peuvent-ils se mêler à la lutte ?
Avec Sylvain Chavanel, neuvième, et Frédéric Guesdon, treizième, la France n’avait placé que deux éléments dans les vingt premiers l’an passé. Cette année encore, c’est du côté du doyen français de 38 ans qu’il faudra aller chercher une des meilleures chances nationales. Surtout que Guesdon, dernier vainqueur français en 1997, évolue dans une équipe – la Française des Jeux – pour laquelle Paris-Roubaix est une véritable institution. De quoi pousser des petits jeunes vers les courses d’un jour. « On a longtemps formaté les coureurs pour les grands Tours. Finalement, on s’est rendu compte qu’il y avait des places à prendre dans les classiques », explique le jeune espoir (23 ans) de la Française des Jeux, Yoann Offredo. Avec Sébastien Turgot, William Bonnet et Steven Chainel, à l’honneur la semaine dernière sur le Tour des Flandres, Bbox aura également l’occasion de briller. « Avec le temps, on peut même dire que Chainel se bonifie avec le temps », assure Guimard.

Quelles leçons en vue du Tour de France ?
Pour la première fois depuis 2004, le Tour de France revient sur les pavés. Cette année, sept secteurs sont au programme, dont quatre appartiennent aussi au parcours de Paris-Roubaix (Sars-et-Rosières, Tilloy-les-Marchiennes, Wandignies-Hamage et Haveluy). Pourquoi alors ne pas venir effectuer quelques réglages avant le mois de juillet ? Tout simplement parce que les pavés du Tour seront surtout symboliques. Les équipes sont tellement bien organisées qu’elles n’ont désormais plus besoin de course pour venir se tester. Sans oublier le risque de chute grave, inévitable. Et les Contador, Armstrong ou Schleck n’ont pas l’intention de prendre de risque. « Je pourrai donner quelques conseils à Andy », plaisante néanmoins Cancellara au sujet de son coéquipier Andy Schleck. Et de rajouter : « J’espère simplement qu’il ne pleuvra pas sur le Tour, sinon tous les Espagnols seront par terre ! » On l’a bien compris, Paris-Roubaix reste une affaire de spécialistes.

Pierrick Taisne