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Paris-Roubaix : pourquoi Cancellara peut être battu

Fabian Cancellara

Fabian Cancellara - -

Fabian Cancellara tentera ce dimanche de remporter une troisième victoire sur Paris-Roubaix. Impérial ces dernières semaines, « Spartacus » fait figure de grand favori pour l’emporter dans « l’Enfer du Nord ». Un peu trop peut-être.

Comment la victoire pourrait-elle lui échapper ? Impressionnant de facilité lors de ses victoires au GP E3 (22 mars) et sur le Tour des Flandres (31 mars), Fabian Cancellara (RadioShack) paraît intouchable lors de cette 111e édition du Paris-Roubaix ce dimanche. D’autant que le Suisse semble avoir le champ libre. Son plus grand rival dans la quête du pavé, le Belge Tom Boonen, blessé à une côté lors du Tour des Flandres et vainqueur à quatre reprises sur le vélodrome de Roubaix, a dû déclarer forfait. Une troisième victoire de Fabian Cancellara (après 2006 et 2010) semble d’autant plus inéluctable qu’il dispose de solides équipiers.

« Spartacus » pourra ainsi notamment compter sur le soutien du Belge Stijn Devolder, vainqueur du Tour des Flandres en 2008 et 2009. « Je pense que nous avons une équipe très forte, avec des gars hyper motivés, estime ainsi le coureur suisse. Ils sont capables d’aller très vite. Nous ferons ce que nous devons faire : rester ensemble, courir en équipe. C’est le plus important dans un Paris-Roubaix. » Cancellara a toutefois relancé les espoirs de ses adversaires cette semaine. Deux chutes du coureur de 32 ans, mercredi lors du GP de l’Escaut puis jeudi à l’occasion de la reconnaissance des pavés. Et des questions qui germent. Le Suisse sera-t-il en pleine possession de ses moyens ? La fébrilité serait-elle en train de le gagner ?

Chavanel : « Une grosse pression sur RadioShack »

« Je sens que j’ai bien récupéré de la première chute mais celle de jeudi, c’est celle qui me fait le plus mal et je pense que c’est normal parce qu’il n’y a que la peau sur l’os sur le côté. C’est pour ça que ça fait si mal, regrette Cancellara. Mais on sait tout ce qu’il se passe pendant le Paris-Roubaix. Quand vous arrivez à Roubaix, vous avez normalement quelques blessures sur le corps. Moi je pars déjà avec un handicap mais, au final, je fais juste ce que j’ai à faire. » Surtout, la pancarte qu’aura Cancellara dans son dos n’est-elle pas trop grande ? Sylvain Chavanel, 13e du Tour des Flandres et leader de l’équipe Omega Pharma-Quick Step en l’absence de Tom Boonen, estime ainsi que le statut du Suisse pèsera très lourd sur ses épaules.

« Beaucoup de coureurs vont vouloir anticiper avant la grosse attaque de Cancellara, explique le Français. Il y aura une grosse pression sur l’équipe RadioShack. Il est l’homme à battre, il a l’habitude d’avoir tout le peloton sur son dos. C’est encore une course pour faire tomber Cancellara. » Le Français essaiera ainsi de tirer son épingle du jeu et de déjouer les pronostics à l’instar de Frédéric Guesdon, dernier Français à s’être imposé dans l’Enfer du Nord, en 1997. A son image, d’autres coureurs ont créé la surprise ces dix dernières années. Backstedt en 2004, O’Grady en 2007 ou encore Vansummeren, qui avait profité lors de l’édition 2011 du marquage sur… Cancellara. Un précédent gravé dans l’esprit du Suisse et de ses outsiders.

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Jérémy Bilinski avec JB et NP