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Riolo: "Un super match, des polémiques, bienvenue en L1… "

Débrief de cet enthousiasmant PSG-Lyon par l'éditorialiste de l'After Foot et RMC.

Ça fait pas du bien un match qui suscite autant de débats, de polémiques, de discussions sur le jeu, la tactique, les joueurs? Il faudrait peut-être commencer par ça, non? Pardon de rester là-dessus, mais je ne m’y fait pas encore. Après tant d’années à suivre une L1 qui se complaisait dans un profond ennui, voir un match qui ressemble à ceux des "autres", c’est un vrai plaisir.

Et permettez moi une banalité, mais pour un bon match il faut être deux. On évite ainsi la seule et habituelle démonstration de force du PSG en L1. 

Peter Bosz va réussir. C’est désormais certain. Les joueurs assimilent l’exigence de sa méthode. Ce n’était pas juste de vains mots d’avant-match. Oui l’OL était venu au Parc pour jouer. Un meneur de jeu, trois attaquants, deux milieux pas venus seulement pour défendre et des latéraux capables de monter, cet OL a une belle allure. Et s’il est ambitieux au Parc, alors il le sera partout. Au-delà du résultat, il y a tellement d’éléments positifs à retenir. Et surtout un objectif clair qui ne peut être que sur le podium et pas loin du PSG.

En matière d’arbitrage, on ne veut pas écouter les arbitres

Pas loin, si le PSG ne gagne pas tous ses matchs. Parce que là, ça fait 6 sur 6 et ce n’est pas un début si fréquent pour Paris. Mais puisque c’est le PSG, les commentaires sont toujours teintés de bémols en tout genre. Le PSG occupe tout l’espace. La prestation de l’adversaire est toujours surévaluée, celle de Paris diminué. Les succès parisiens relativisés, ceux des autres gonflés à l’exagération. Alors quand le PSG s’impose en bénéficiant de faits de jeux favorables, ça devient insupportable. Le riche a tort, c’est un salaud, il corrompt, il dégoûte. Y-a-t-il un pays où celui qui domine ne provoque pas ce genre de réactions? Qu’on se rassure (ou pas) ce n’est pas une exception française.

La semelle de Di Maria, le péno sur Neymar ça fait trop à avaler. On n’écoutera pas les explications du règlement. En matière d’arbitrage, on ne veut pas écouter les arbitres. Même quand on ne connaît pas la règle, on n’écoute pas. La folie subjective emporte tout. 

Le seul indispensable, c’est Mbappé

J’ai beau revoir l’action dix fois, je n’arrive pas à me prononcer de façon claire sur le péno. Alors je suis évidemment content de constater que la machine ne sert à rien. Il y a autant voire plus de polémiques qu’avant et ça me fait tellement marrer. L’interprétation reste une donnée fondamentale du foot et c’est tant mieux. Trois arbitres ont vu péno. On peut en parler des heures mais à quoi bon? A part finir par tomber dans le précipice du complot? ça tombe bien, c’est à la mode. Ça donne de la consistance à certains journalistes en mal de sensations fortes. Ça permet de séduire les simplets: "Ouais t’as raison de gueuler, allez reprend une gorgée"… Et puis la prochaine fois, essaye d’envahir la pelouse, ça aussi c’est à la mode.

Ma vision, c’est que Neymar, plutôt bon dimanche soir, a obtenu un penalty. Et vous mettez ce que vous voulez comme sous-entendu dans l’usage du verbe "obtenir". C’est juste une action basique du foot. L’attaquant provoque, cherche et parfois obtient. Ce n’est pas une erreur, c’est le foot.

Pour le reste, on a vu Pochettino prendre des décisions. D’abord choisir un 4-2-4, puis réfléchir à comment trouver le bon équilibre. Ça sera sa quête toute la saison. Mais ce qu’on dit peu, c’est que cet équilibre peut être évolutif. Déséquilibrer l’autre en lui mettant le feu, faire la différence puis bouger l’équipe pour changer en cours de match est une option. Mais commencer comme dimanche soir et ne pas marquer fera toujours planer un danger. Et je crois que les changements ont été décisifs. Sortir Messi peut sembler fou, mais c’était juste. Les entrées de Hakimi puis Icardi ont permis à Paris de gagner. Mbappé est allé dans sa zone de confort pour la passe décisive à un 9 qu’il n’y avait pas jusque là. L’action finale a rappelé, s’il le fallait, que le seul indispensable, c’est Mbappé. Ça fait au moins une certitude pour Pochettino, parce que par ailleurs, sa saison sera une longue série de maux de tête…

Daniel Riolo Journaliste RMC Sport