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Brésil: pas de portables, tests PCR, invités... ce qui a déjà filtré sur la grosse fête de Neymar

Malgré la crise sanitaire, Neymar tient une énorme fête de fin d’année, qui réunit des centaines d’invités dans une luxueuse résidence près de Rio. Une soirée qui s’étale sur plusieurs jours, et défraie la chronique au Brésil, troisième pays le plus touché par la Covid-19 au monde derrière les Etats-Unis et l’Inde.

On est bien loin des six convives par table conseillés. Dans une colonne publiée samedi soir, le blog du journal brésilien O Globo et son journaliste Ancelmo Gois ont révélé que Neymar comptait réaliser la fiesta de l’année près de Rio, pour célébrer comme il se doit le passage à 2021. Problème, la star du Paris Saint-Germain a peut-être omis le petit détail qu’est la pandémie qui bouleverse le monde depuis le début de cette année si particulière, et tue encore massivement aux quatre coins du globe, et au Brésil particulièrement – au moins 190 000 décès d’après les derniers chiffres publiés. Les informations sur cette énorme soirée privée ont déjà filtré dans plusieurs médias.

Marquinhos parmi la foule d’invités

Pourquoi attendre le 31 au soir, minuit ? La fête qui serait organisée par le Brésilien de 28 ans aurait déjà débuté, et pourrait s’étaler sur cinq jours, révélait O Globo. Les premiers éléments dévoilés faisaient état d’une immense réception pour 500 invités, à Mangaratiba, station balnéaire située à deux heures de route de Rio de Janeiro. Elle n'aurait pas lieu dans la demeure de 10.000 m² que possède Neymar depuis 2016, mais juste à côté. O Globo évoque ce lundi un hangar désaffecté. Et un coût total de 630.400 euros.

On voit grand dans le clan du "Ney", qui a convié quelques noms bien connus, selon L’Equipe : son coéquipier et capitaine au Paris Saint-Germain Marquinhos, son ami volleyeur et champion olympique en 2016 Bruninho, l’ancien Nantais Lucas Lima (Palmeiras), sa sœur et mannequin Rafaella, ou encore de nombreuses vedettes de la télé brésilienne et d’influenceurs, comme la Brésilienne aux près de 12 millions d’abonnés sur Instagram, Camila Loures. Les festivités doivent être animées par quelques-uns des plus grands artistes du pays (la chanteuse Ludmilla, les chanteurs Wesley Safadao et Leo Santana ou le groupe Harmonia do Samba).

Une fête tout à fait légale au Brésil

Dans son pays, où le président Jair Bolsonaro prend la Covid-19 un peu par-dessus la jambe (il l’avait longtemps qualifiée de "petite grippe"), Neymar n’est toutefois pas hors-la-loi. Ce genre de soirée privée, bien que flanquée d’un nombre très importants de convives, n’est pas interdite. Mais rappelons tout de même qu’avec 7,5 millions de contaminations, le Brésil est le troisième pays le plus touché derrière les États-Unis et l’Inde… Conscient du caractère plus que bordeline de cette soirée, Neymar s’est donc tout de même voulu "prudent". Pour entrer dans cette soirée privée organisée dans une résidence ultra-sécurisée, les convives devront montrer patte blanche et justifier d’un test PCR négatif, et seront censés porter un masque durant leur séjour.

La consigne aurait également été donnée aux invités de ne pas utiliser de smartphones sur place, laissés aux vestiaires, afin de ne pas divulguer d’images sur les réseaux sociaux. La même directive qui avait été donnée aux convives de sa fête d’anniversaire organisée en début d’année à Paris, dans la boîte de nuit le Yoyo, campée sous le Palais de Tokyo (XVIe). "Pour éviter de perturber le voisinage, le joueur a fait construire dans une annexe une boîte de nuit, avec protection acoustique", ajoute Ancelmo Gois.

"Seulement" 150 invités selon l’agence organisatrice

Malgré toutes ces précautions, et le caractère légal de cette fête de fin d’année, Neymar a provoqué un véritable tollé au Brésil et en Espagne notamment, où l’on suit l’avancée de cette histoire de près. Ce qui a obligé l’agence chargée d’organiser la réception d’en préciser le déroulement, afin d’atténuer au plus vite toute polémique. Dans un communiqué, l’Agência Fábrica a assuré que le nombre de 500 convives évoqué par la presse brésilienne était surévalué, que "seulement" 150 personnes étaient invités. Celle-ci a également insisté sur le déroulement des festivités dans le respect des normes sanitaires.

"C'est totalement irresponsable. Neymar n’est même pas préoccupé par la propagation de la maladie. Ce qui lui importe c’est que personne ne divulgue des photos et des vidéos de cette fête macabre...", a écrit Menon, éditorialiste sur le portail UOL. Par sûr que fête redore l’image déjà controversée du festif Neymar, qui se remet encore d’une entorse à la cheville gauche subie lors de la défaite parisienne 1-0 contre l’OL fin décembre. Ce même Neymar qui, rappelons-le, avait lui-même été contaminé par le virus en début de saison après des vacances à Ibiza.

Romain DAVEAU