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Coupe de France: "On n’est pas fautifs", Reims Sainte-Anne se défend après les graves incidents contre Wasquehal

La rencontre entre Wasquehal (N2) et Reims Sainte-Anne (N3), comptant pour le 8e tour de la Coupe de France, a été interrompue après une échauffourée ayant conduit à la chute de l’entraîneur de Wasquehal. Antoine Contardo et Hervé Papavero, respectivement président et entraîneur de Reims Sainte-Anne, dont le club et ses supporters sont mis en cause par le coach de Wasquehal, ont livré leur version des faits pour RMC Sport.

Interrompue par l’arbitre à la 65ème minute dimanche dernier après une échauffourée ayant conduit à la chute de l’entraîneur de Wasquehal, la rencontre du 8ème tour de Coupe de France entre Reims Sainte-Anne (N3) et Wasquehal (N2) n’est pas allée à son terme alors que le club marnais menait 3-0. Mehdi Izeghouine, le coach adverse, dit avoir été agressé et accuse le club de Reims Sainte-Anne et ses supporters. Le club rémois se défend et se dit victime d’une manipulation, niant être responsable de la chute du coach. Une enquête de police a été ouverte.

La commission de discipline de la Fédération française de football a décidé de mettre en instruction ce dossier ce jeudi. Elle peut faire rejouer le match en intégralité ou déclarer une des deux équipes gagnantes ou éliminer les deux clubs de la compétition, ce qui profiterait à US Pays de Cassel (R1), tirée au sort pour affronter le vainqueur en janvier prochain.

Wasquehal est dans l’attente également de l’issue de ce dossier, mais le club a par ailleurs été sanctionné mercredi par la DNCG. Pour ne pas avoir rempli les obligations du gendarme financier, le club de la banlieue lilloise a écopé d’un retrait de 3 points ferme pour cette saison, ainsi qu’une interdiction de recrutement de joueurs sous contrat et un encadrement de la masse salariale.

Antoine Contardo, président de Reims Sainte-Anne, pourquoi dites-vous être victimes d’une manipulation ?

"Quand je regarde des films policiers, on regarde à qui profite le crime. On est victime d’une mascarade ou d’un traquenard dans lequel on est tombé. Cela a pris de l’ampleur car on est dans une justice des réseaux sociaux. L’équipe adverse a communiqué dès 18h30 avec un selfie sur un lit d’hôpital. Ce qui nous touche profondément, c’est l’image que l’on veut donner de notre club. En deuxième mi-temps, j’étais du côté de Wasquehal. On a été fortement critiqué et même traité de racaille. On dit stop. Ce n’est pas possible de nous traiter comme ça. On n’est pas fautif sur cette chute. Par chance, il va bien."

Mehdi Izeghouine a été évacué par les pompiers, que s’est-il passé ?

Hervé Papavero, entraîneur de Reims Sainte-Anne: "J’arrive, il est par terre. Tout le monde autour de lui est d’accord pour dire qu’il n’a pas été frappé. Soit il est tombé en glissant, soit il s’est laissé tomber. Les témoignages des six à sept personnes proches de l’action le confirment. Il s’est laissé tomber ou il a glissé. A aucun moment, il y a eu un gobelet qui l’a atteint. Il n’a pas été piétiné. Les gens du club autour de lui ne sont que des gens de la sécurité de Sainte-Anne. Le seul supporter présent dans cette zone était un supporter de Wasquehal qui n’avait pas à être là. Cette personne a même menacé la caméra de l’équipe de France 3 Champagne Ardenne. A la mi-temps, il a menacé sa propre équipe, son entraîneur et son président.

Antoine Contardo: "Les seules personnes avec des gobelets avec de la bière étaient des supporters de Wasquehal, une trentaine. Les supporters de Wasquehal étaient gérés par Wasquehal et sa propre sécurité avec un parcage aménagé du côté des bancs de touche. Ils voulaient rentrer avec des canettes de bière avant le match."

Les dirigeants de Wasquehal ont-ils mis en cause votre organisation et votre sécurité ?

Antoine Contardo: "C’est blessant et ce n’est pas connaître le travail qui a été fait sur les différents matchs. On a reçu Dunkerque, Bobigny au Stade Robert Pirès. On sait préparer des matchs avec la sous-préfecture comme l’accueil de Sedan, le rival régional. Ce match contre Wasquehal avait été préparé avec la sous-préfecture de Reims. Il y avait 50 bénévoles, 22 personnes dédiées à la sécurité. On n’est pas habitué à gérer cette vague médiatique contre nous. On a été surpris par l’ampleur et les réseaux sociaux. C’est plus leur histoire à eux que la nôtre. Il y a deux sujets : le sujet de la justice sportive avec la commission de discipline de la Fédération. Nous menions 3-0 au moment de l’arrêt du match. Et le deuxième sujet, on ne va pas accepter que l’on nous traite de tous les noms."

Vous dites que le coach de Wasquehal a changé de version ?

Hervé Papavero: "Quand le pompier est arrivé, il a dit au coach que ce n’était pas possible de perdre connaissance avec un gobelet en plastique. Les médecins du club l’ont accompagné. Il est parti à l’hôpital et à 22h le soir, il sort des urgences. Notre médecin nous a appelé pour nous rassurer sur son état de santé. Nous, on voit les réseaux sociaux, on était déjà inquiet pour nous et pour le club, notre renommée. Quand il part, il n’y a pas une goutte de sang, pas un hématome sur le lieu de la chute. Vers 18h30, quelques heures juste après l’incident, il donne une interview à la Voix du Nord depuis l’hôpital. Il y a eu chute mais elle n’est absolument pas de notre fait ou de celui du club de Sainte-Anne ou de notre sécurité."

Qu’attendez-vous désormais de la Fédération ?

Antoine Contardo: "J’ai 3000% confiance en la Fédération française de football. Je crois en la justice. Ce serait injuste de nous éliminer. Ce qui va être intéressant, c’est le rapport du délégué et l’arbitre. Je pense qu’ils vont prendre une décision assez logique. J’ai confiance."

Une enquête de police a été ouverte après le dépôt de plainte du coach, avez-vous été entendu ?

Antoine Contardo: "Notre responsable sécurité a été auditionné. C’est une bonne nouvelle. La vérité va éclater."

Arnaud Valadon