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Coupe du monde tous les deux ans: l’Allemagne et le Portugal protestent

Dans des communiqués publiés séparément ce vendredi, les footballs portugais et allemand se sont opposés à l’intention de la FIFA d’augmenter la fréquence de la Coupe du monde de quatre à deux ans. La santé des joueurs est notamment au cœur des justifications, tout comme l’impact négatif que cela aurait sur le foot féminin.

Dans un sondage effectué "à l’échelle mondiale" qu’elle avait elle-même commandée, la FIFA avait assuré que "la majorité des supporters est favorable à une Coupe du monde plus fréquente", faisant écho à sa volonté de proposer un Mondial tous les deux ans. Le résultat de ce sondage est toutefois à largement nuancer, alors que les nations opposées au doublement de la fréquence de la compétition sont nombreuses. Dernières en date, l’Allemagne et le Portugal.

Dans un communiqué publié ce vendredi, la Fédération allemande de football (DFB) a officialisé sa prise de position, craignant qu’un Mondial tous les deux ans ne favorise davantage de blessures pour les joueurs, déjà sollicités à outrance. L’instance a regretté qu’une telle évolution "conduirait à une augmentation significative du risque de blessures" en raison d’une plus grande "tension physique et mentale".

La DFB s’est également inquiétée du fait que les Coupe du monde féminine et junior seraient éclipsés si un tournoi biennal étaient bien entériné. "Si une Coupe du monde ou un Championnat d’Europe masculin se déroule chaque été, les tournois féminins et juniors seraient marginalisés dans l’ombre des compétitions masculines", note la Fédé.

"Un processus de consultation inexistant", regrettent les instances du foot portugais

Même son de cloche du côté de la Fédération portugaise de football (FPF) qui, dans un communiqué co-signé vendredi avec la Ligue de football professionnel, le Syndicat des joueurs professionnels, l’Association des entraîneurs et l’association des arbitres, souligne qu’elle "désapprouve l'intention de la FIFA d'augmenter la fréquence de la plus grande compétition d'équipes nationales du monde". Parmi les raisons invoquées figurent notamment la "surcharge des calendriers", "la santé physique des athlètes", "l'impact sur la santé mentale des joueurs, contraints, dans ce format, de faire deux rassemblements annuels de plusieurs semaines", ainsi que "le chevauchement des Jeux olympiques et des Coupes du monde".

Les instances du football portugais critiquent également "le chevauchement des compétitions masculines et féminines au cours des mêmes années, ce qui prive le football féminin de son impact". "Pour tous ces facteurs (...) il est clair que nous ne pouvons être favorables à la mise en œuvre d'une telle mesure et encore moins comme le résultat d'un processus de consultation inexistant", conclut le communiqué.

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a promis la semaine dernière que des décisions seraient prises d'ici la fin de l'année sur la proposition de refonte de la Coupe du monde relancée par son directeur du développement, le Français Arsène Wenger. Une décision déjà rejetée par plusieurs instances internationales dont l’UEFA et la CONMEBOL.

Romain Daveau, avec AFP