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Coupe du monde 2022: des scènes de joie en Iran pour célébrer... la défaite contre les Etats-Unis

Ce mardi, la sélection iranienne a été éliminée du Mondial qatari après sa défaite contre les Etats-Unis (1-0). Au pays, la déconvenue de la Team Melli a été célébrée par une partie de la population.

Des scènes de joie… pour fêter une élimination. Ce mardi soir, la défaite de la sélection iranienne contre les Etats-Unis (1-0), synonyme de fin de parcours pour la Team Melli à la Coupe du monde 2022, a été célébrée par de nombreux habitants en Iran. Comme le montrent des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, une partie de la population est descendue dans la rue pour se féliciter de la victoire américaine, à grands coups de feux d’artifice et de klaxons.

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"L'histoire retiendra que, la nuit où les joueurs de l'équipe de football de la République islamique ont pleuré, le peuple s'est enivré de joie", écrit par exemple un journaliste de la Deutsche Welle, une radio allemande, sur Twitter. Selon des sources locales, les forces de l’ordre ont réprimé ces scènes de joie à l’aide de gaz lacrymogène dans plusieurs villes iraniennes.

"On leur a dit que c’était des traîtres, que c’était l’équipe de la République islamique et pas l’équipe de l’Iran"

Depuis le début de ce Mondial, la sélection emmenée par Carlos Queiroz est loin de bénéficier de l’adhésion du peuple iranien. "Ils n’ont pas du tout l’union nationale qu’ils ont pu avoir par exemple lors de la dernière Coupe du monde, expliquait Arthur, auditeur franco-iranien de l’After Foot, la semaine passée sur RMC. Une partie des Iraniens ne supporte plus l’équipe, notamment depuis que la sélection iranienne a rendu visite au président Ebrahim Raissi. Ce n’est pas du tout passé du côté de certains Iraniens. On leur a dit que c’était des traîtres, que c’était l’équipe de la République islamique et pas l’équipe de l’Iran."

Depuis plus de deux mois, des milliers de personnes se révoltent en Iran contre le régime en place, incarné par le président Ebrahim Raissi et le général Kioumars Heydari, commandant des forces terrestres de l’armée, sous la supervision de l’ayatollah Ali Khamenei. La fronde a débuté le 16 septembre avec la mort de Mahsa Amini, d’origine kurde, arrêtée trois jours plus tôt à Téhéran par la police des mœurs pour avoir porté son voile "de manière inappropriée".

Plusieurs centaines de manifestants auraient été tués par la répression ces dernières semaines. Certains ont été condamnés à mort par la justice pour leur implication dans les débordements et des milliers de personnes ont été arrêtées. Depuis le début des protestations, les footballeurs iraniens affichent leur soutien à leur peuple, malgré les menaces de sanctions des autorités. Ce fût notamment le cas lors de leur entrée en lice contre l’Angleterre lundi dernier, lorsque les coéquipiers de Sardar Azmoun ont refusé de chanter l'hymne national.

Ce mardi, CNN assurait que les familles des joueurs de la sélection iranienne ont été menacées d'emprisonnement et de torture si les joueurs ne se "comportaient pas bien" avant le match contre les États-Unis.

F.Ga