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Coupe du monde: on dirait le "Knysna argentin", comment l'Argentine va-t-elle sortir de cette crise?

La presse argentine se fait l'écho d'une situation très compliquée au sein du groupe pendant cette Coupe du monde, avant le match décisif face au Nigeria mardi (20h). Entraîneur, joueurs, président de la Fédération... Personne n'est épargné. De là à imaginer le pire pour l'Albiceleste ?

"Coup d'Etat", "sombre complot"... Dans les médias argentins, les formules sont alarmistes. En filigrane, l’idée d’une implosion au sein de l’Albiceleste ferait son chemin. Joueurs qui voudraient établir eux-mêmes le dispositif tactique contre le Nigéria, Sampaoli qui serait dépassé, une bagarre qui aurait eu lieu entre Mascherano et Pavon... Petite revue de presse.

Sampaoli très fragilisé

"Une opération d'usure". C'est comme ça que Clarin résume le travail de sape de commentateurs plus ou moins proches de la sélection envers Jorge Sampaoli. Très fortement critiqué depuis la déroute face à la Croatie (0-3), le sélectionneur n'échappe plus à la défiance généralisée, y compris de ses propres joueurs.

Au point que le média argentin se pose la question d'un acte piloté par des anciens, des historiques, qui voudraient construire l'équipe eux-mêmes en mettant à l'écart l'entraîneur. Sachant que c'est peut-être la dernière chance de figurer dans une grande compétition, après une défaite en finale de Coupe du monde et deux en Copa America, pour Lionel Messi et consorts.

"La relation avec le sélectionneur est totalement normale", a tenté de rassurer le vétéran argentin Javier Mascherano ce dimanche, tout en reconnaissant aussi une "situation complexe", "un certain malaise" et des discussions avec Jorge Sampaoli "pour que que l'équipe prépare le match dans les meilleures conditions possibles". L'ancien Barcelonais n'était pas loin de reconnaître que les joueurs poussaient pour faire leur compo... D'ailleurs, les "anciens" Marcos Rojo, Ever Banega et Angel Di Maria devraient retrouver le onze de départ contre le Nigeria.

Une rumeur sur une bagarre 

Les propos de Ricardo Caruso Lombardi, ex-joueur désormais consultant, ont mis de l'huile sur le feu en Argentine. Dans une vidéo, filmée à son insu, il explique que Cristian Pavon aurait "mis une beigne" à Javier Mascherano dans les vestiaires après le match contre la Croatie. En cause ? Des propos déplacés de l'ancien joueur du Barça contre le gardien Willy Caballero, fautif sur le premier but croate.

Mais samedi les deux joueurs ont semblé éteindre la polémique. Dans une autre vidéo, Mascherano salue Pavon dans un sourire en lui disant "ils racontent que tu m'as frappé !". De quoi faire baisser un peu la température...

Une réunion de crise

Au lendemain de la déroute face à la Croatie, le staff technique, le président de la Fédération argentine et les joueurs se sont retrouvés vendredi pour une réunion de crise. Une réunion "tendue" mais qui a permis "d'aller de l'avant" selon Sampaoli. Des questionnements de la part du groupe argentin sur les choix tactiques du sélectionneur ont été exposés, notamment autour d'un retour à un 4-3-3 ou un 4-3-1-2 plus classique contre le Nigéria.

Le quotidien La Nacion l'affirme : il n'y a plus qu'un virage à 180 degrés qui permettrait au sélectionneur de rester en place après la Coupe du monde. La "génération muette", comme l'appelait un ancien membre du staff technique, a décidé d'ouvrir la bouche. Pour le meilleur ou pour le pire ?

La Fédération s'en prend à la presse

Chiqui Tapia, le président de la Fédération argentine, est le premier pompier d'une Albiceleste sous le feu des critiques depuis jeudi soir. En demandant un soutien à la presse argentine et des propos plus proches de la réalité, comme l'explique Olé, il espère encore voir les choses changer, dans le bon sens cette fois. Il a également accusé les propagateurs des rumeurs de "vouloir nuire à la sélection argentine"

"Les journalistes sont vraiment le quatrième pouvoir. Avec leur fonction de communication, ils transcendent, installent et déforment. Avant ils parlaient des équipes, comment elles jouent, etc. Aujourd'hui, tout est déformé, mais nous allons laisser cela pour après le Mondial. Ils ont vu le staff diriger les séances d'entraînement, ils ont vu que beaucoup de ce qui a été dit est un mensonge. Nous demandons un geste de soutien." 

L'éviction de Sampaoli en plein Mondial "n'est pas d'actualité" a-t-il également rappelé.

C.P.