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Affaire de la sextape: "Benzema est une victime du processus médiatico-judiciaire", regrette son avocat

Invité des Grandes Gueules sur RMC ce jeudi, Antoine Vey, avocat de Karim Benzema a dévoilé l’état de l’esprit de son client condamné à un an de prison avec sursis et 75.000 euros d'amende dans l’affaire de la sextape.

Au lendemain de la condamnation de Karim Benzema à un an de prison avec sursis et 75.000 euros d’amende, son avocat Antoine Vey était dans les Grandes Gueules sur RMC, ce jeudi. Il a dévoilé l’état d’esprit du joueur, reconnu coupable de complicité de tentative de chantage dans l’affaire de la sextape contre Mathieu Valbuena.

Confiant sur les chances de succès de l'appel

"Il n'est pas content d'être condamné pour quelque chose qu'il n'a pas fait, regrette son conseil. C'est une affaire enveloppée d'un voile médiatique extrêmement désagréable pour M.Valbuena, comme pour M.Benzema. Pour lui, c'est déstabilisant. C'est un sportif de haut niveau qui démontre depuis cinq ans qu'il a un comportement exemplaire sur le plan éthique et personnel. Être ramené sur cette histoire dans laquelle il n'a rien à voir et pour laquelle il est totalement étranger, c'est tout à fait pénible. On aurait pu avoir un jugement de relaxe, qui aurait été la fin. Malheureusement, il va devoir s'expliquer en appel, ce qu'il fera."

Son avocat s’est dit confiant sur les chances de réussite en appel auquel le joueur assistera. "Oui parce qu’il sera présent en appel, confie Me.Vey. C’est sûr. Sauf à ce qu’ils audiencent – comme la première fois (lors du procès, ndlr) - le dossier pendant un match auquel il ne peut se déroger. Cela s’est passé entre un match de Ligue des champions et celui contre Barcelone. Il était impossible de préparer son procès et de venir entre les deux matchs. Le tribunal avait tout à fait le loisir de déplacer la date de ce procès, ce qu’ils n’ont pas fait. Ce n’est pas du tout une volonté de M.Benzema de ne pas répondre à la justice. Il l’a fait pendant toutes ces années et c’est même lui qui a demandé à quatre reprises une confrontation avec M.Valbuena pour s’expliquer, ce que la justice avait toujours refusé."

Il conteste les motivations du jugement qui se base, selon lui, sur une interprétation "à charge" d’une conversation entre Karim Benzema et son ami Karim Zenati, reconnu coupable de tentative de chantage. Il assure encore que le nom de Benzema s’est retrouvé dans cette affaire pour de mauvaises raisons. "Il a été attrait dans cette procédure délibérément pour lui donner de l’ampleur, poursuit-il. A partir du moment où M.Valbuena s’est dit victime d’une tentative de chantage, les enquêteurs se sont dits: ‘si on met Benzema dans la boucle, ça va prendre une tout autre ampleur et l’affaire va vraiment prospérer'. Ça a été le cas et on espère qu’en appel, ce sera différent."

Il souligne ensuite l’éthique de l’attaquant du Real Madrid qui n’aurait "clairement pas" dû être évincé de l’équipe de France entre octobre 2015 et juin 2021. Si son client a été reconnu coupable, il le considère aussi comme une victime.

"M.Benzema est aussi une victime de tout ce processus médiatico-judiciaire"

"Sur les réseaux sociaux, j’ai lu que la première victime serait la femme filmée qu’il (Valbuena) aurait filmée à son insu et qui se retrouve dans une vidéo sur laquelle elle n’a pas envie d’être, conclut-il. Je trouve ça d’assez bon sens. Bien sûr que M.Valbuena est une victime, personne ne le nie. Ensuite, je dis que M.Benzema est aussi une victime de tout ce processus médiatico-judiciaire. Avant même d’avoir été jugé définitivement, il a été accusé. En tant qu’avocat de M.Benzema, on mesure la très grande violence de ce qu’il subit sur les réseaux sociaux et d’attaques permanentes. Il y a toujours des gens pour le déstabiliser, sur cette affaire en particulier."

"Parce qu'il s'appelle Karim Benzema?", l'interroge Olivier Truchot. "C'est une partie du problème, reconnaît Antoine Vey. Il est un personnage que certains voudraient décrire comme il n'est pas, c'est à dire qu'on lui prête des affiliences, des choses. Dès qu'il fait quelque chose, ça génère tout un tas de commentaires. Il a le droit de vivre comme il l'entend."

NC