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Deschamps : « Emmagasiner encore plus de confiance »

Didier Deschamps

Didier Deschamps - -

Didier Deschamps tentera de prolonger face à l’Allemagne, mercredi au Stade de France (21h), la très belle dynamique créée fin 2012 avec les Bleus. Il comptera notamment sur Franck Ribéry et Karim Benzema pour ce dernier match amical avant de se replonger dans les qualifications au Mondial, en mars.

Didier, quelle signification pourrait avoir une troisième belle performance d’affilée de l’équipe de France, après le nul en Espagne (1-1) et la victoire en Italie (2-1) ?

Il y a pas mal de joueurs importants absents dans l’équipe d’Allemagne, et ce match sera sans doute plus important pour nous que pour eux. C’est chez nous, on reprend contact avec le public français, on se prépare dans l’optique des matches de qualification du mois de mars (réception de la Géorgie le 22 et de l’Espagne le 26). On va chercher à emmagasiner encore plus de confiance, ce qui passe forcément par un bon résultat. Il n’y a pas énormément de rendez-vous. C’est une chance d’avoir une belle affiche comme ça. Pour nous, c’est une opposition de haut niveau, et pour les gens, ça laisse augurer un bon spectacle. On est dans des conditions de compétition.

Karim Benzema ne s’est pas montré très efficace avec l’équipe de France lors des dernières rencontres (il n'a plus marqué depuis huit mois, et son doublé contre l'Estonie, 4-0). Allez-vous le faire évoluer dans l’axe ou le décaler sur un côté ?

C’est un débat. Evidemment qu'il souhaite être plus efficace, mais je le répète, il ne fait pas que ça dans le jeu. C'est mieux s'il marque, mais il peut être très intéressant dans le collectif. Quand on parle avec nos adversaires, que ce soit l’Espagne ou l’Italie, s’ils ont à ressortir deux-trois joueurs, il en fait toujours partie. Il vient avec beaucoup d'envie et j'ai une confiance totale en lui. Ses dispositions par rapport à l’équipe sont là. Sur son utilisation, je sais très bien que c'est un attaquant axial, même si j'ai eu une fois à le décaler un peu. Sa meilleure position reste l’axe. Il aime bien s'excentrer, donc il faut juste faire en sorte de compenser ce déplacement pour avoir suffisamment de présence devant le but adverse.

L’équipe que vous alignerait mercredi sera-t-elle celle qui évoluera contre la Géorgie ?

Pas forcément. J’aurai deux matches rapprochés entre la Géorgie et l’Espagne. Dans ma réflexion, et même si je ne suis pas encore projeté sur ces deux matches, il y aura besoin de fraîcheur. Sur le premier, mais aussi sur le deuxième, pour pouvoir rivaliser. Je vais faire l’équipe qui me semble avoir une certaine logique demain (mercredi) et après j’aurai une réflexion différente. Contre la Géorgie, une équipe plus regroupée, il faudra penser à une configuration plus attaque-défense, et contre l’Espagne ce sera totalement différent. Il est probable qu’il y ait quelques changements entre l’équipe du vendredi contre la Géorgie et celle du mardi contre l’Espagne.

Quel regard portez-vous sur Franck Ribéry et quelles responsabilités lui confiez-vous dans votre équipe ?

Avec le Bayern, ça fait plusieurs années qu'il est à son meilleur niveau. Il a au quotidien à Munich un climat de confiance qu'il n'a peut-être pas toujours eu en équipe de France, par rapport à tout ce qui a pu se passer. Je parle beaucoup avec lui. Il fait partie de ces joueurs habitués au très haut niveau, titulaires dans un grand club, avec l’objectif de gagner la Ligue des champions. Il a de l’expérience, il a participé à de grandes compétitions. Je lui demande d'être lui-même, d'avoir cette confiance, qu’il soit tranquille, libéré. Il est apprécié dans le groupe. Je ne vais pas lui demander des choses qui vont le surcharger ou l’embêter. Le leadership a plusieurs formes et il fait partie, par son jeu et son envie, des joueurs qui doivent tirer le groupe vers le haut.

Trois Parisiens composent votre groupe (Ménez, Matuidi, Sakho) alors que le PSG joue vendredi en Ligue 1, contre Bastia. Allez-vous les ménager ?

Je sais que Paris joue vendredi. Bastia aussi, même si ça posera moins de problème à Micka Landreau, le troisième gardien (rires). J’en ai tenu compte les deux fois où ça s’est présenté, par rapport à des joueurs de Lille. Donc il me semble logique d’en tenir compte à nouveau. J’ai eu l’occasion d’en discuter avec Leonardo et Carlo Ancelotti. Je ne vais pas vous dire la teneur de nos discussions, mais si j’applique ce que j’ai appliqué avec les Lillois, ils joueront 45 minutes.

dossier :

Franck Ribéry

Propos recueillis par Jérôme Sillon et Jean Rességuié