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Equipe de France: ce qu'il faut savoir de Marcus Thuram, "fils de" mais pas que

Appelé pour la première fois en Equipe de France A par Didier Deschamps ce jeudi, l'attaquant du Borussia Mönchengladbach Marcus Thuram (23 ans) va avoir l'occasion de marcher sur les pas de son champion du monde de père. Et de se faire connaître un peu plus du grand public.

Douze ans après le 142e et dernier match de Lilian avec les Bleus, un autre Thuram devrait avoir l’occasion de briller sous le maillot de l’Equipe de France dans les prochains jours. Sans que les observateurs ne l’aient franchement vu venir, le sélectionneur Didier Deschamps a convoqué ce jeudi Marcus pour le rassemblement de novembre. Un puissant attaquant de 23 ans, qui cartonne depuis plusieurs mois en Allemagne. Et le fils de, évidemment. Que le grand public va avoir l’occasion de découvrir.

Une première licence au Barça

Né en 1997 à Parme (Italie), où jouait alors Lilian, Marcus Thuram a d’abord suivi son champion du monde de père dans ses aventures footballistiques, comme son petit frère Khéphren – aujourd’hui joueur professionnel à Nice. C’est ainsi qu’il a signé sa première licence à l’âge de neuf ans… au Barça. Très vite positionné en attaque, Marcus a ensuite grandi en région parisienne, jouant à Neuilly-sur-Seine, puis à Boulogne-Billancourt, avant d’intégrer le pôle espoir de Clairefontaine.

En 2012, alors qu’il venait d’être appelé en sélection d’Ile-de-France, Le Parisien avait recueilli les confidences de l’adolescent de 14 ans. "Je rêve tous les jours de pouvoir porter le maillot bleu", racontait déjà le jeune et athlétique buteur d’1,84m (1,92m désormais), en se disant parfaitement à l’aise avec le statut de son père.

Un titre de champion d'Europe 2016 avec Mbappé, mais un développement plus progressif

Mais avant d’entendre son nom cité par Deschamps, Marcus Thuram a dû construire sa carrière avec patience. Parti à 15 ans au centre de formation de Sochaux, lancé chez les professionnels pour la première fois en 2015, l’attaquant a évolué en parallèle dans les différentes équipes de France de jeunes, remportant l’Euro U19 en 2016. Une équipe au sein de laquelle il n’était toutefois pas titulaire, et où il ne bénéficiait pas forcément de la même "cote" que certains coéquipiers comme Lucas Tousart, Jean-Kevin Augustin, Amine Harit et surtout Kylian Mbappé.

Si la star du PSG a débarqué dans la cour des grands telle une comète, Thuram a lui pris son temps, sans brûler les étapes. Transféré à Guingamp en 2017, c’est en Bretagne qu’il a découvert la Ligue 1. Pour un bilan correct (trois buts la première saison, neuf la deuxième), du moins suffisant pour taper dans l’œil de quelques clubs européens. Dont un certain Borussia Mönchengladbach.

Le club allemand n’a pas hésité à mettre neuf millions d’euros sur la table à l’été 2019 pour faire venir le Français. Il a été bien inspiré, puisque Thuram a passé un vrai cap en Bundesliga. Buteur à 14 reprises la saison passée, toutes compétitions confondues, Marcus a débuté l’exercice 2020-2021 sur de très jolies bases.

Auteur d’un doublé face au Real Madrid la semaine dernière pour le deuxième match de sa carrière en Ligue des champions, le néo-international a encore été très bon mardi soir face au Shakhtar Donetsk, délivrant notamment une passe décisive à son compatriote Alassane Pléa. Et visiblement, "DD" était devant sa TV.

Un hommage à George Floyd qui a fait le tour du monde

De quoi renforcer sa popularité grandissante outre-Rhin, où tout autant que ses performances, c’est son engagement qui avait été salué au printemps. Prénommé Marcus en l’honneur de Marcus Garvey (un précurseur du panafricanisme), le joueur de Gladbach a repris le flambeau de son père Lilian – militant antiraciste – fin mai, en posant un genou à terre pour célébrer un but.

Un hommage à George Floyd, tué quelques jours plus tôt par la police américaine, un geste symbolique contre les violences faites aux Noirs. Marcus Thuram avait ainsi été le premier footballeur à s’illustrer de la sorte, avant une série d’initiatives individuelles ou collectives, en Premier League notamment.

"Bien sûr qu’en tant que jeune joueur noir, la question me préoccupe, expliquait-il déjà en décembre 2019 dans une interview à l’AFP. Il faut se battre et je suis très fier de ce que mon père fait pour faire évoluer les choses."

Lui-même espère désormais se servir de son image pour faire changer les mentalités. "Il a reçu une éducation avec des valeurs, glissait en juin à RMC Sport Jocelyn Gourvennec, son ancien coach à Guingamp. Lilian a des convictions, des valeurs et il les affiche. Il ne s’est jamais caché. Marcus et son frère (Képhren) ont grandi là-dedans. Il a voulu faire passer un message, sans arrière-pensée. Il l’a fait et je trouve ça très bien."

Clément Chaillou